Portes ouvertes et portes fermées

Ici, c’est le bazar. Mon bazar.

Lettre à Steph #3

Grand-frère, Je... je voudrais tant que tu sois là. Que tu me dises ce que j'ai besoin d'entendre et que personne n'est là pour me dire. Des phrases comme celles que je viens de lire : " Tu as assez porter le monde. Laisse quelqu'un te porter, toi, pour une fois." Tu sais, hier Maman a dit que A lui faisait penser à une sorte de grande-sœur qu'elle n'a pas eu. Quand j'ai entendu ça, j'ai pensé que ce qu'elle voulait dire, ce dont elle avait vraiment besoin, c'était d'un soutient. De quelqu'un pour l'épauler. Et de quelqu'un qu'elle aurait pu soutenir elle aussi en retour. J'ai (...)

Une conscience

Quand, quand commence-t-on à ressentir de la culpabilité ? Quand on vient juste de faire une connerie et qu'on le sait parfaitement ? Quand on se met à douter, à penser que l'on s'est menti à soi-même et que ce que l'on a fait n'était pas plus pour le bien de quelqu'un que pour une cause honorable, mais en vérité, pour une raison purement égoïste ? Ou quand, des mois plus tard voire des années après, on continue d'essayer de se convaincre qu'on a fait ce qu'il fallait et qu'on ment à la personne qui vous balance la vérité au visage, qu'on voit son expression déçue et qu'on (...)

N'importe quoi, n'importe quoi...

N'importe quoi... je fais n'importe quoi. Et je n'arrête pas de penser que justement, je fais n'importe quoi. Je ne suis pas sortie mais j'ai bu. La faute à H et son fichu saké. Je n'ai pas touché au mah-jong ; j'ai passé la journée à dormir et à courir, puis à recommencer à dormir et à sortir courir. Je ne pense pas que ce soit mieux. Pas loin de chez moi, il y a un magasin où un type vend des couteaux. De supers couteaux, avec de beaux manches en bois, des couteaux simples, des couteaux suisses... et je passe devant tous les jours. J'y jette toujours un bref coup d’œil, (...)

Lutte - première bataille

Une lutte contre moi-même, ça promet... Mais je me dis qu'il faut au moins que je tente quelque chose, que je change un peu, même si ce n'est qu'un peu. Ces dernières semaines ont été les pires ; j'ai arrêté de compter combien je dépense, combien de fois j'ai menti, combien de nuits blanches j'ai passées, combien de cachets j'ai pris. Non, maintenant ma nouvelle obsession c'est le mah-jong, compter les duos et les numéros, chercher les combinaisons... j'en fais des parties tout le temps, je finis même par en rêver la nuit. Je crois qu'il y a un nom pour désigner les gens qui (...)

Le point de non-retour

L'ai-je déjà atteint ? Existe-t-il seulement ? Je ne sais pas ; on dirait que ma déchéance est sans fin, sans fond, que plus je trouve quelque chose d'horrible à accomplir et plus il me vient d'idées encore plus horribles que cette dernière. Mev, D, et tous les autres ne sont que des distractions... mais parfois j'aimerais qu'ils soient davantage. Parfois, oui, me revient quelque minuscule parcelle mourante au plus profond de moi qui hurle à l'espoir. Ce maudit espoir, ce sentiment qui maintient en vie tout autant qu'il peut accélérer le temps de la mort. Chaque jour, à chaque (...)

"N'essaye même pas."

Des affaires, des papiers, quelques rendez-vous... le temps écrase tout ça et en fait des miettes que les gens oublient peu à peu. Tant mieux. Parce qu'on me laisse ignorer tout ça, que l'on ne cherche pas à me le rappeler, et qu'à force il n'y a plus personne qui a envie de me secouer, de me faire réagir. Je ne veux pas qu'il y ait quelqu'un qui le fasse, jamais. Parce qu'il ou elle échouera forcément. Parce qu'ils échouent tous. Toujours. Je n'arrête pas de penser à des phrases qui commencent par : "Quand je partirai...". Mais je me sens déjà si loin ! Ce ne sera pas vraiment (...)

Un jour inutile

Je trouve enfin le temps de mettre le peu d'ordre que je puisse tenter de mettre dans les événements qui se sont passés hier... et je crois encore une fois qu'il vaut mieux que je n'analyse rien, que je me contente de relater les faits. No m'a recontactée. On avait prévu de se voir mais au dernier moment, j'ai annulé. Je ne me sentais pas de la revoir, en fin de compte. Pour être plus exacte, hier je ne voulais voir personne. Je ne voulais même pas sortir de chez moi. Couchée sous ma couette, les yeux tantôt rivés au plafond, tantôt tournés vers la fenêtre et le ciel (...)

Lorenzaccio - extrait

ACTE III, scène 3 LORENZO Suis-je un Satan ? Lumière du ciel ! Je m'en souviens encore ; j'aurais pleuré avec la première fille que j'ai séduite, si elle ne s'était mise à rire. Quand j'ai commencé à jouer mon rôle de Brutus moderne, je marchais dans mes habits neufs de la grande confrérie du vice, comme un enfant de dix ans dans l'armure d'un géant de la fable. Je croyais que la corruption était un stigmate, et que les monstres seuls le portaient au front. J'avais commencé à dire tout haut que mes vingt années de vertu étaient un masque étouffant - ô Philippe ! j'entrais (...)

Pensées vagabondes

Retour à la maison. Ma mère et mon frère qui discutent du monde, de la politique, des gens, des manifestations... et moi qui écoutent d'une oreille distraite en me sentant comme Lorenzo de Médicis de la pièce de Musset ; je me fiche de ce qu'il se passe, de ce que font les gens, et surtout, je sais bien à quel point tout cela est futile. Un souvenir qui me hante. Le souvenir de D et moi, de cette idée stupide que j'ai eue, de ce moment où je lui ai taillé une pipe, et de notre conversation après. "Pourquoi tu m'as embrassée ?" - "Tu me plais, tu es belle, tu m'as attirée depuis (...)

"Hey stoopid !"

"Hey, hey, hey, Hey stoopid ! What you trying to do ? Hey, hey, hey, Hey stoopid ! They win, you loose !" Je suis fichue, je suis un monstre. W semble croire encore en moi... je me demande encore pourquoi elle tient à me voir, à m'appeler, à revenir ici pour me parler en face à face, à prendre de mes nouvelles et à me dire ce qu'elle devient, elle... Tout cela est inutile. Elle est comme tant d'autres ; elle ne peut rien pour moi. C'est simple, en fait. Les gens comme elle pensent qu'ils peuvent sauver, qu'ils ont suffisamment de forces pour cela. Et un jour, ils réalisent que c'est (...)

Esprit de contradiction

"Pourquoi tiens-tu tant à partir en forêt ? - Parce que tu crois que je n'y survivrai pas." Cela ressemble quelque peu à la façon dont je vois les choses. Je veux partir pour prouver ma valeur. Oh, ce ne sera pas un exploit digne d'être raconté et su par tous ; peu de monde en aura connaissance et à vrai dire ce n'est pas plus mal. C'est avant tout à moi-même que je veux me prouver quelque chose. Et peut-être aussi que j'ai l'espoir - que je déteste ce mot ! - que par un quelconque moyen cette force se voit ensuite à travers moi et qu'un jour, si je devais recroiser le chemin de (...)

"Au-dessous du volcan, je l'entends, je l'entends, j'entends battre son cœur !"

Et la musique et ses paroles troubles demeurent mes seules compagnes... La nuit dernière, j'ai rêvé, je ne me souviens plus de ce rêve, je ne sais qu'une chose, c'est que j'y parlais uniquement en anglais. La première fois que je fais un rêve dans une autre langue que ma langue natale. Peut-être un signe que j'arriverai finalement à maîtriser correctement cette langue, un jour. Une sorte de routine semble s'installer. Quelque chose comme un changement de lieu de vie tous les trois ou quatre jours environ ; je pars en famille, reviens à ma coloc, puis reviens chez ma mère etc... (...)

Au cœur du cœur

La sauge brûle, sa fumée emplit la pièce. Je vois le léger brouillard, je le respire. Parfois, je me surprends à observer le sol de ma chambre, à suivre du regard les entrelacs du parquet de bois. C'est comme lorsque je regarde les nuages dans le ciel ; j'y vois des formes. Je vois des sorcières se réunirent, une tête de loutre faisant face à celle d'un ours, un géant au marteau... j'observe et découvre milles histoires. Je médite une heure, peut-être deux ; je ne compte plus le temps, je ne me préoccupe plus de l'heure. Je cherche des réponses. J'explore tout ce qui se (...)

"Please, let her go."

Quelque chose me fait beaucoup réfléchir, ces derniers temps. Je vais partir, c'est une certitude. Je vais m'en aller, tenter l'aventure, marcher au hasard, croiser le chemin de certains et quitter des yeux celui de d'autres. Je ne vais laisser que peu de personnes derrière moi. Il y aura ma mère, mon petit frère N, mon chat Lou, W, Sol, et je pense que c'est la fin de la liste. Courte liste. Mais liste tout de même. D'où ma question : comment leur dire "au revoir" ? Au départ, je songeais à faire une lettre ; on finit par connaître mon grand amour des lettres, n'est-ce pas ? Enfin (...)

Des mots sans pouvoir

"Le sommeil ne vient pas. Pas de sommeil, pas de repos. Jamais. Les démons ne connaissent jamais de repos, alors pourquoi lui pourrait-il connaître cette paix inaccessible ? Et pourtant, ce qui nous manque le plus ne peut être que quelque chose que l'on a déjà connu ; c'est ce que l'on dit. Mais qui a dit ça ? Il s'en moque. La seule chose qu'il veut, c'est dormir. D'un vrai sommeil, de cet abandon au monde des rêves qui permet de se déconnecter de son corps et de ces pensées parasites tournant en boucle tel un vieux vinyle qu'un dieu malveillant s'amuserait à repasser (...)

Aucun sens

Non, rien n'a plus aucun sens... plus rien. Que veut dire le mot "famille" lorsque ses membres sont à peine capables de vivre quelques mois maximum dans une même maison ? Ou encore lorsqu'un père abandonne sa fille ? Lorsque les liens fraternels s'étiolent au fil du temps et finissent par disparaître ? Des exemples autres que la famille, j'en ai en réserve, j'en ai des tas, des tonnes. Autant que les étoiles. Sauf qu'aucun ne m'apportera la moindre lueur. Je me suis réveillée avec une de ces migraines atroces qui me prennent environ une fois par mois, ce matin. J'ai vu mon visage (...)

Juste... laisse-moi

"Cette soirée m'a coûtée 23 euros. Cette soirée m'a coûtée 23 euros..." Je n'arrêtais pas de penser à ça, dans le tramway, tout à l'heure. Je fixais la vitre, le regard absent ; j'étais absente. Hors de moi, hors du temps, hors de tout, hors de portée de quiconque aurait l'audace d'essayer de m'attraper. Et puis de toute façon, si je rencontrais à nouveau des personnes prêtes à se risquer à faire ça, je dirais simplement : "fichez-moi la paix". Je voulais aller au cinéma, cela faisait longtemps. Le film m'a émue aux larmes. Ça aussi, ça faisait longtemps que ça ne (...)

Silence

Plus de bruit, plus de mots. Dehors, il fait sombre et j'ai eu froid lorsque je suis rentrée, tout à l'heure. Rentrée chez moi... non, pas chez moi. Plutôt à mon nouveau lieu de vie provisoire, mon camp de base numéro 2. Le numéro 1, c'est chez ma mère qui réside maintenant dans un village entre des montagnes recouvertes de verdure. Je n'ai rien dit. Je n'ai rien exprimé de la perte de repères qui est la mienne. Je fais silence. J'écris parfois, mais cela reste... flou, des émotions jetées en pâture à qui voudra les lire. Le silence, l'absence de paroles, c'est assez (...)

Comme un air de déjà vu

Une manie que certains qualifient de stupide : celle de remettre d'anciennes photos de profil datant d'un an ou bien de quatre ans, voire plus. Je viens de découvrir que Sol et moi avons cette même manie stupide. Encore une bonne raison de m'énerver. Alors il n'a aucun rôle à jouer dans ma vie et pourtant, il y a encore et toujours des signes de sa présence qui reviennent me hanter, et moi, je devrais accepter ça ? Non, je ne l'accepterai pas. Je n'accepte plus rien. Je me souviens qu'il y a environ cinq ans, je vivais à peu près dans l'état où je suis aujourd'hui. La solitude, (...)

Une autre façon de voir les choses

Changement de lieu de vie. Je ne voulais pas vivre avec des colocataires, à la base, mais niveau financier, je n'ai pas eu tellement le choix. Ce n'est pas que je ne suis pas sociable ; je préfère simplement qu'il n'y ait personne dans les parages lorsque je délire. Je n'ai pas envie qu'on me pose des questions auxquelles je ne sais pas quoi répondre ou auxquelles je n'ai juste pas envie de répondre. Je me disais qu'au pire, je pourrais toujours revenir à la bonne vieille méthode du mensonge. Sauf que j'ai trouvé mieux. Le charme. C'est ce qui est au-dessus du mensonge, c'est encore (...)

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