Portes ouvertes et portes fermées

Ici, c’est le bazar. Mon bazar.

Fight club

L'autre jour, ma mère m'a dit qu'elle cherchait un film sympa à regarder avec mon frangin et que, après quelques recherches sur Internet, ils avaient choisi "Fight club". Ils n'ont jamais regardé le film jusqu'à la fin. Trop de violence, a dit ma mère. Trop de trucs dégueulasse ou en rapport avec le sexe, a dit mon frère. Du coup, moi qui n'avais jamais vu ce film même si j'en avais beaucoup entendu parler, ben je l'ai visionné, un soir où je n'arrivais pas dormir. Tellement intéressant, ce film... une sorte de plongée dans les abysses de l'âme d'un type transformé en zombie (...)

Partir un peu

Balade à vélo aujourd'hui. Un truc que j'avais pas fait depuis longtemps. Faut dire que mon vélo est presque bon pour la casse, donc forcément, ça donne pas envie... d'ailleurs j'ai fini la dernière partie du trajet à pied, en traînant le vélo dont le pneu avant avait crevé va savoir à cause de quoi, bref, ça m'a épuisé. N'empêche que faire cette balade m'a laissé une image en tête, celle de ma future liberté. Souvent, je me perds dans mes pensées et on ne le remarque pas mais je pars loin, là où rien n'a d'importance et où tout est possible... mais c'est seulement dans (...)

Le cadeau

Encore une fois, je ne sais quoi offrir. Après l'anniversaire de No, voilà que ça va être l'anniversaire de mon petit frère... et je ne sais pas plus qu'à No ce que je peux bien lui offrir, à lui. En fait, je sais parfaitement pourquoi je n'arrive pas à trouver de cadeau adéquat. Parce que je ne connais pas vraiment les gens ; on va dire que comme ça, notre incompréhension est réciproque. "Mais bordel fais quelque chose ! Sors de là !" C'est ce que je n'arrête pas de me répéter depuis que je suis réveillée. Depuis 3 heures du matin. Ça fait un bon paquet d'heures hein. Je (...)

Still alive

Réveillée vers 3 heures du mat. Plus de mal de tête, plus de nausées, plus rien. Sensation de revivre, d'avoir imaginé la soirée, que ce n'était qu'un mauvais rêve, que tout a été effacé. Voir le soleil se lever et prendre conscience du silence qui m'entoure. Et puis peu à peu, des bruits, un de mes colocataires qui se lève, la faim qui vient faire gronder mon ventre, la pensée stressante qu'il faudrait que j'aille en cours, aussitôt suivie de celle que si je n'y vais pas ça fera toute une semaine sans cours à nouveau. "Still alive, W." - "Still alive too..." On le regrette (...)

Limites

J'ignorais que mon corps cachait autant d'endroits pouvant devenir douloureux. On va dire que j'ai encore fait une connerie quoi. Je savais parfaitement ce qui m'attendait le lendemain, mais ça ne m'a pas arrêté. Hier soir, je me fichais du lendemain, de l'état dans lequel j'allais finir ; c'est la première fois où je lâche prise à ce point-là pendant une soirée. Au réveil ce matin, j'ai souhaité plus fort que jamais être morte pour de bon. Certains disent que la douleur donne l'impression d'être plus vivants qu'avant, que c'est ça qui les sauve et les empêche de mourir. Dans (...)

Jouer avec le danger

Des idées me traversent l'esprit, des idées comme celle de me trouver des médocs pour dormir et puis d'en abuser. Me mettre en danger me paraît banal, ces temps-ci. Marcher un peu trop près de la route, questionner W à propos de ses médocs et essayer de la convaincre de m'en filer, chercher des gens qui pourraient me procurer de l'herbe, trop boire pendant les soirées, insulter des gars et manquer de me faire tabasser, m'installer sur des rebords de fenêtres trop étroit où un seul mauvais mouvement pourrait me faire basculer et chuter de plusieurs étages... une autre de ces listes (...)

"Tu nous écriras, hein ?" (comment dire... non)

Non. Non, je ne vous écrirai pas. Pourquoi je le ferai ? Pour rendre votre vie aussi compliquée et torturée que la mienne ? Pour que vous soyez rassurez - alors que ce ne seront que de nouveaux mensonges que j'aurai inventé - et que votre conscience soit tranquille en lisant des mots comme "je vais bien" ? J'en ai assez de rassurer la conscience de mes proches. Non, quand je partirai, je ne vous écrirai pas. Ni à toi maman, ni à toi petit frère, ni à W, ni à Mev, ni à D, ni à Mi, ni à qui que ce soit. J'ai toujours gardé mes secrets pour moi alors ce ne sera pas si différent. (...)

Impossible

Journée passée dans un flou étrange, brouillard de pensées, de visages, de mots vides d'intérêt... à aucun moment je ne me suis sentie... j'allais écrire "normale" mais non ça je ne le suis plus depuis longtemps. En fait, ce que j'ai senti est une cassure, une différence amplifiée. Quelque chose a changé en moi et me rend encore plus troublée que je ne l'étais déjà. Et aujourd'hui n'était que la première journée passée dans cet état, avec ce "nouveau moi", en quelque sorte, et je me demande déjà comment je vais faire pour gérer ça, pour supporter ça. Cela me paraît (...)

...

Je... ça y est je deviens folle. Au mieux, juste paranoïaque. Mais je pense que j'ai franchi un cap, que c'est encore pire, maintenant. Je me rend compte que ce que j'ai dit à W est plus vrai que je ne le pensais. Je ne veux pas d'enfants parce qu'au fond de moi, je suis persuadée que je ne pourrais pas m'empêcher d'être... eh bien, de maltraiter ma progéniture. De hurler et de terroriser le pauvre gamin, de le frapper, de l'enfermer dans un placard et de l'affamer en guise de punition... la liste est infinie. Et le fait qu'elle le soit me fait encore plus peur. Y a-t-il une limite à (...)

Soirée surprise

D'abord, ce n'était pas prévu. J'ai eu l'idée comme ça et j'ai fait ce que je sais faire le mieux : n'importe quoi. Donc, j'ai écrit à No pour qu'on se voit et qu'on fasse une soirée ensemble. J'ai la désagréable sensation d'avoir servie de cobaye à un test dont on ne m'avait pas averti... No n'a pas semblé surprise lorsque je lui ai dit que j'avais oublié son cadeau chez moi ; sans vouloir être parano, c'est à croire qu'elle était certaine que je n'avais pas de cadeau pour elle, alors que c'est totalement faux vu que j'avais quand même fini par en trouver un, de cadeau. (...)

"Ouais, c'est ça, continue de rêver."

Fichue conscience. La petite voix dans la tête qui me balance dans la gueule les vérités que je refuse d'entendre et d'admettre. Mais c'est qu'elle insiste, la conscience, et ça finit par me déprimer encore plus. "Continue de rêver, va... tu sais très bien que ce ne sont que des rêves et qu'en vrai rien de tout ce que tu imagines ne va arriver." J'en ai marre d'avoir raison. J'en ai marre que ma conscience ait raison. Même au sujet de No, j'avais raison. Elle va finir par mettre de la distance entre nous. Peut-être même que ça commence déjà, vu qu'on ne s'est pas parlé depuis (...)

Dernière descente aux enfers

La dernière parce que de celle-ci, j'ignore quand j'en reviendrai. Si je reviens un jour. C'est un peu comme mon voyage ; je ne sais pas quand je partirai ni quand je reviendrai. C'est l'inconnu, ce que je refuse de prévoir, le mystère dans lequel je fonce sans préparation. Je réfléchis souvent à ma fameuse lettre, celle que je laisserai en guise d'explication à ma famille. Sans cesse, je la rectifie. Parfois, j'écris des pages et des pages, parfois je la raccourcis tellement qu'à la fin je finis par me dire que ce serait mieux de ne rien écrire du tout. On verra bien ce que (...)

Evasion

La pluie qui tombe dehors et que j'observe par ma fenêtre me soulage quelque peu. Elle tombe assez fort pour que j'arrive à oublier les bruits habituels qui me dérangent, comme par exemple mes voisins qui s'engueulent ou les voitures qui passent. J'essaye de m'évader dans cette pluie qui n'arrête pas de tomber ; j'essaye de retrouver le contact avec cet espèce d'îlot intérieur de paix que je ne peux visiter que lorsque je médite. Hier, mon évasion, c'était l'alcool et des "amis" que je pouvais voir sans souffrir. Ce sont des "amis" qui ne me connaissent pas depuis longtemps, que (...)

"Non, tu ne sais pas qui je suis."

Et c'est vrai. Même Mi qui pense qu'elle peut "lire en moi comme dans un livre", ne me connaît pas vraiment. Elle ne sait pas qui je suis, qui se cache derrière le masque. En vérité, derrière le masque, il y a la fille hypersensible, la jeune femme qui se moque du monde, qui ignore ce qui est vrai comme ce qui est faux, la nana en apparence froide et insensible qui ne veut pas montrer aux gens combien elle souffre. Je sais que Mi tente de me percer à jour. Mais elle ne pourra pas le faire. Elle ne pourra jamais y arriver. J'y croyais, au début. Sauf que maintenant, après tout ce que (...)

"I'm looking for freedom..."

Combien suis-je ? Est-ce que tu ressens ça, toi aussi ? Tous ces "je" qui s'épient sans se comprendre. Celui qui parle et celui qui écrit, celui qui aime et celui qui raisonne, celui qui s'enflamme et celui qui doute. Il y a en moi quelqu'un qui agit et quelqu'un qui se regarde agir. Le second dit à l'autre : "pourquoi as-tu fait cela ? Pourquoi l'as-tu fait ?" J'ai dû lire ça quelque part, je ne me rappelle plus où, bien sûr. Mais ce "je" multiple me représente parfaitement. Déjà que gérer une personne c'est compliqué, que se gérer soi-même c'est encore plus complexe, alors (...)

Se cacher et disparaître

Pas de sortie pour moi, aujourd'hui. Je n'ai pas bougé, je suis restée chez moi. Seule. Je me cache sans savoir vraiment de qui ou de quoi. Peut-être que j'essaye de me cacher de moi-même. Le voyage que je prépare, ce n'est qu'une énième fuite ; je m'en vais me cacher là où ne pourra pas me retrouver, je vais en quelque sorte, disparaître. Et, c'est assez bizarre à admettre, mais... ça me plaît. M'imaginer dans cinq ans quelque part, dans un pays où personne ne connaît ma famille, où je peux garder mes mystères pour moi, où je suis libre d'être soit avec de la compagnie (...)

"Nothing's gonna hurt you baby..."

Entre deux eaux. Encore une fois l'envie de mourir qui me revient en tête. Un "coup de blues", comme dirait ma mère. Ouais, bien sûr. Coincée entre vie et mort, j'ignore encore comment trancher la question. Il me faudrait un moyen de savoir, de déterminer ce que je vais faire. Une bonne raison de vivre ou bien une bonne raison de mourir. Parce que je n'en peux plus d'être comme ça, d'être sans cesse entre ceci ou cela. J'ai la peau des mains sèche. La peau du visage aussi, d'ailleurs. Je n'ai plus d'huile de noix de coco. Je devrais en racheter. Mais je ne le fais pas. Je ne fais (...)

Cigarettes after sex

Ce n'est pas seulement le nom d'un groupe de musique, c'est aussi mon mode de fonctionnement actuel. Je résumerai ça par : faire une connerie aussitôt suivie d'une autre connerie. Et ça marche aussi au premier degrés, bien sûr ; je baise et ensuite, je fume une clope en m'enfuyant dans la nuit ou dans les lueurs du petit matin, selon que je souhaite prolonger le moment ou non. Bientôt l'anniversaire de No. Je m'étonne encore d'être invitée. Une nouvelle excuse pour perdre la tête et finir dans un état lamentable, dans le lit d'un ou d'une inconnu(e), et de conforter ma (...)

Lie again

Repas famille, hier soir. D'un côté de la table, ma mère, de l'autre, mon petit frère. Et soudain, il a fallut que sorte LE sujet de conversation que je voulais à tout prix éviter. Mon voyage. Comme d'habitude, j'ai menti. Encore. Sauf qu'il y a un détail qui a changé. Avant, je me sentais presque coupable de ne pas leur dire la vérité, d'envisager de les quitter sans donner aucune nouvelle en laissant juste une lettre qu'ils ne comprendront probablement jamais complètement. Maintenant, je ne ressens plus cette culpabilité. Quand je mens, que je les regarde et que je prononce des (...)

De plus en plus bizarre...

A quel point peut-on être déconnecté de la réalité ? Je me le demande vraiment. Je me demande où j'en suis. Je viens de me rendre compte que toute cette semaine où je pensais avoir sécher mes cours, et bien en fait j'avais totalement oublié que c'était encore les rattrapages et que donc ma rentrée n'est que la semaine prochaine... Et me rendre compte de ça uniquement aujourd'hui, après avoir passé cinq jours à croire avec une certitude aveugle que les cours avaient commencé sans moi, c'est très perturbant. Je confonds les choses, j'oublie des trucs importants... ce n'est (...)

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