Portes ouvertes et portes fermées

Ironie

C’est quelque chose qui m’a toujours suivi, à chaque moment de ma vie. Cela m’arrive sans cesse, quoi que je fasse. Des gens se raccrochent à moi, veulent que je les aide, que je leur offre des conseils sur tel ou tel sujet. Parfois, je réponds, et parfois non. Mais quoi que je fasse, ils finissent toujours par me dire que cela les aide. C’est ce que j’appellerai la pire ironie de ma vie.
L’autre jour, F est encore venu me parler. Il voulait que je l’aide à répondre aux messages d’une nana. Timide, n’osant jamais faire le premier pas, F a envie de franchir le cap, de sortir avec quelqu’un, mais n’y parvient pas. Et c’est vers moi qu’il se tourne. Moi qui cumule bien plus d’années de célibat que de temps en couple ou même en simple "relation épisodique". Moi qui galère toujours autant avec mes sentiments. Ironie.
Je me suis baladée avec Fa, cet aprèm. Et elle m’a parlé de sa peur, de ses doutes, de son désespoir, se confiant sans réserve à moi, plongeant ses yeux dans les miens, une lueur d’admiration éperdue dans le regard. Elle voulait mon aide à moi. Moi qui continue de douter de mes rêves chaque jour qui passe. Ironie.
C’était pareil quand j’écoutais Mi me raconter ses secrets. Après quelques verres, elle ne s’arrêtait même plus. Je crois pouvoir dire qu’il n’y a pas un de ses états intérieurs dont je n’ai pas connaissance. Elle me disait tout, comme si elle pensait que si quelqu’un pouvait la comprendre, c’était moi et personne d’autre. Elle me disait tout ça, à moi. Moi qui n’arrive même pas à me comprendre moi-même. Foutue ironie.

Au sommet d’une montagne sans pouvoir en descendre / Se perdre ou se trouver / Équilibre précaire.