Portes ouvertes et portes fermées http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/ Ici, c'est le bazar. Mon bazar. fr 2018-12-09T23:23:36+01:00 http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Lettre-a-Steph-3 Lettre à Steph #3 Grand-frère, Je... je voudrais tant que tu sois là. Que tu me dises ce que j'ai besoin d'entendre et que personne n'est là pour me dire. Des phrases comme celles que je viens de lire : " Tu as assez porter le monde. Laisse quelqu'un te porter, toi, pour une fois." Tu sais, hier Maman a dit que A lui faisait penser à une sorte de grande-sœur qu'elle n'a pas eu. Quand j'ai entendu ça, j'ai pensé que ce qu'elle voulait dire, ce dont elle avait vraiment besoin, c'était d'un soutient. De quelqu'un pour l'épauler. Et de quelqu'un qu'elle aurait pu soutenir elle aussi en retour. J'ai Grand-frère,

Je… je voudrais tant que tu sois là. Que tu me dises ce que j’ai besoin d’entendre et que personne n’est là pour me dire. Des phrases comme celles que je viens de lire : " Tu as assez porter le monde. Laisse quelqu’un te porter, toi, pour une fois."

Tu sais, hier Maman a dit que A lui faisait penser à une sorte de grande-sœur qu’elle n’a pas eu. Quand j’ai entendu ça, j’ai pensé que ce qu’elle voulait dire, ce dont elle avait vraiment besoin, c’était d’un soutient. De quelqu’un pour l’épauler. Et de quelqu’un qu’elle aurait pu soutenir elle aussi en retour. J’ai imaginé à quoi elle ressemblait lorsqu’elle était enfant, et je lui ai imaginé cette grande-sœur ; je voyais la plus grande un peu fatiguée par les tracas de la vie et la plus jeune lui sourire, de ce sourire magique qui n’appartient qu’aux enfants. Tu imagines ça, Step ? Je l’ai rêvé plus d’une fois par rapport à nous deux, tu sais. Qu’on soit là l’un pour l’autre.

Le jour où je mourrai, j’espère qu’on se retrouvera enfin. Qu’on pourra vivre tout ce que l’on a pas eu l’occasion de vivre dans cette vie. Tu sais, je ne suis toujours pas décidée à vouloir un jour avoir des enfants. Je pense que Maman aurait dû réfléchir plus longtemps avant de croire qu’elle en voulait. Parce que si elle l’avait fait, tu serais peut-être en vie, vraiment là, avec moi… Maman n’a été prête à avoir des enfants que lorsqu’elle s’est mise en couple avec mon père. J’ai donc été une enfant désirée. Mais si je ne l’avais pas été, est-ce que moi aussi je n’aurais jamais vu la lumière du jour ? C’est pour ça que je n’arrête jamais de réfléchir à ce sujet, que je ne prends jamais à la légère la question d’avoir un enfant et de devenir parent.

Steph, si un jour j’ai des enfants, sois sûr que l’un d’eux portera ton prénom.

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2018-12-09T23:23:36+01:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Une-conscience Une conscience Quand, quand commence-t-on à ressentir de la culpabilité ? Quand on vient juste de faire une connerie et qu'on le sait parfaitement ? Quand on se met à douter, à penser que l'on s'est menti à soi-même et que ce que l'on a fait n'était pas plus pour le bien de quelqu'un que pour une cause honorable, mais en vérité, pour une raison purement égoïste ? Ou quand, des mois plus tard voire des années après, on continue d'essayer de se convaincre qu'on a fait ce qu'il fallait et qu'on ment à la personne qui vous balance la vérité au visage, qu'on voit son expression déçue et qu'on Quand, quand commence-t-on à ressentir de la culpabilité ? Quand on vient juste de faire une connerie et qu’on le sait parfaitement ? Quand on se met à douter, à penser que l’on s’est menti à soi-même et que ce que l’on a fait n’était pas plus pour le bien de quelqu’un que pour une cause honorable, mais en vérité, pour une raison purement égoïste ? Ou quand, des mois plus tard voire des années après, on continue d’essayer de se convaincre qu’on a fait ce qu’il fallait et qu’on ment à la personne qui vous balance la vérité au visage, qu’on voit son expression déçue et qu’on ne fait rien pour la détromper ?
Je me bats sans cesse contre mes démons. Mais je sais quand j’échoue et quand je triomphe. Ma mère passe son temps à m’évoquer sa conscience, à me dire qu’elle ne peut pas s’empêcher d’écouter cette conscience qui lui dit de prendre sur elle. Et que dirait-elle si je lui parlais de mes propres faiblesses, de mes peurs, de mes crises et de mes cauchemars ? Je suis certaine qu’elle ne pourrait pas me dire que ce qu’elle fait est la meilleure solution, que c’est un modèle que je dois suivre. Le fameux proverbe "faites ce que je dis, pas ce que je fais", hein… une phrase qui a régit la quasi intégralité de l’éducation que j’ai reçue de la part de mes deux parents, on dirait.
Et ils se sentent coupables, je le sais. Mon père, ma mère, les parents de ma mère aussi, tous, ils se sentent coupables. Leur conscience les torture, ah ce qu’ils me font rire avec cette idée de conscience… C’est bien beau de ressentir des remords, mais ça ne changera rien. Moi les remords et la culpabilité, j’ai fait une croix dessus ; à quoi ça pourrait me servir, hein ? On ne dérange pas le sommeil des monstres ; il est déjà perturbé par défaut.
Une conscience, ça ne ferait que faire écho à ce que je pense déjà tous les jours. Est-ce qu’une conscience me pousserait à montrer ma souffrance ? Et est-ce que cette même conscience qui semble exister chez les autres les aiderait à trouver une solution pour les gens qui souffrent ? Je ne pense pas que cela fonctionne ainsi.

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2018-12-07T22:49:56+01:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/N-importe-quoi-n-importe-quoi N'importe quoi, n'importe quoi... N'importe quoi... je fais n'importe quoi. Et je n'arrête pas de penser que justement, je fais n'importe quoi. Je ne suis pas sortie mais j'ai bu. La faute à H et son fichu saké. Je n'ai pas touché au mah-jong ; j'ai passé la journée à dormir et à courir, puis à recommencer à dormir et à sortir courir. Je ne pense pas que ce soit mieux. Pas loin de chez moi, il y a un magasin où un type vend des couteaux. De supers couteaux, avec de beaux manches en bois, des couteaux simples, des couteaux suisses... et je passe devant tous les jours. J'y jette toujours un bref coup d’œil, N’importe quoi… je fais n’importe quoi. Et je n’arrête pas de penser que justement, je fais n’importe quoi. Je ne suis pas sortie mais j’ai bu. La faute à H et son fichu saké. Je n’ai pas touché au mah-jong ; j’ai passé la journée à dormir et à courir, puis à recommencer à dormir et à sortir courir. Je ne pense pas que ce soit mieux.
Pas loin de chez moi, il y a un magasin où un type vend des couteaux. De supers couteaux, avec de beaux manches en bois, des couteaux simples, des couteaux suisses… et je passe devant tous les jours. J’y jette toujours un bref coup d’œil, comme ça, sans jamais m’arrêter, juste pour voir, parce que je trouve que ce sont des objets magnifiques. Hier, j’ai remarqué qu’il y en de nouveaux, une édition limitée parait-il. Je me suis arrêtée devant, cette fois. J’ai fixé les couteaux longtemps. J’ai pensé qu’ils étaient à un prix trop cher pour moi, que je ne pourrais jamais m’en acheter un. De suite après, j’ai voulu m’en acheter un. Ensuite, j’ai renoncé en me disant que gaspiller des sous juste par esprit de contradiction, c’était franchement idiot. Maintenant je suis entrain de me dire que je devrais peut-être m’en prendre un, un de ceux en édition limitée, dépenser ces putains de deux-cents euros pour un couteau comme ça, et me couper avec, peut-être même me tuer avec… et merde, on avait dit que je ne devais pas penser à la mort. Stop. Je vais penser à autre chose. N’importe quoi mais pas à ça. N’importe quoi. Toujours n’importe quoi.
Mais bordel, je ne sais plus quoi faire ! Je suis de plus en plus bizarre… Je sens que la prochaine personne qui me demande "ça va ?" je vais l’envoyer se faire foutre.

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2018-12-04T21:31:22+01:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Lutte-premiere-bataille Lutte - première bataille Une lutte contre moi-même, ça promet... Mais je me dis qu'il faut au moins que je tente quelque chose, que je change un peu, même si ce n'est qu'un peu. Ces dernières semaines ont été les pires ; j'ai arrêté de compter combien je dépense, combien de fois j'ai menti, combien de nuits blanches j'ai passées, combien de cachets j'ai pris. Non, maintenant ma nouvelle obsession c'est le mah-jong, compter les duos et les numéros, chercher les combinaisons... j'en fais des parties tout le temps, je finis même par en rêver la nuit. Je crois qu'il y a un nom pour désigner les gens qui Une lutte contre moi-même, ça promet… Mais je me dis qu’il faut au moins que je tente quelque chose, que je change un peu, même si ce n’est qu’un peu. Ces dernières semaines ont été les pires ; j’ai arrêté de compter combien je dépense, combien de fois j’ai menti, combien de nuits blanches j’ai passées, combien de cachets j’ai pris. Non, maintenant ma nouvelle obsession c’est le mah-jong, compter les duos et les numéros, chercher les combinaisons… j’en fais des parties tout le temps, je finis même par en rêver la nuit. Je crois qu’il y a un nom pour désigner les gens qui sont obsédés par le fait de compter les choses. J’espère que je n’en viendrai pas jusque-là.
Enfin bref, une lutte débute donc, une épreuve s’annonce. Je dois tenir toute la semaine prochaine.
1) Pas de sortie. Aucune. Sous aucun prétexte.
2) Et pas d’alcool non plus. Ni rien d’autre qui s’y apparente.
3) Instaurer un rythme jour/nuit régulier.
4) Retourner à la FAC. Suivre les cours, au moins écouter, à défaut de prendre des notes.
5) Avoir au minimum une discussion agréable avec une personne par jour.
6) Arrêter le mah-jong.
7) Retrouver ma passion pour la lecture. Lire, lire et encore lire. Cela me fera un passe-temps sans danger.
8) M’acquitter de la paperasse administrative accumulée.
9) Reprendre les préparatifs de mon futur voyage.
10) Activité physique tous les jours. Peu importe quoi du moment que ça m’occupe l’esprit. Ah, et du moment que ça n’implique personne d’autre que moi, sinon je risque de blesser quelqu’un.
11) Méditer une fois par jour aussi.
12) Eviter toute dépense inutile.
13) Ne pas penser à la mort. Ou à des choses qui impliquent de la souffrance, de la haine… ouais non, ça, ce sera impossible… disons juste éviter de penser à la mort.
Si j’arrive à m’en tenir à ces points-là pendant la semaine à venir, il se peut que je ne sois pas définitivement irrécupérable.

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2018-11-30T23:53:45+01:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Le-point-de-non-retour Le point de non-retour L'ai-je déjà atteint ? Existe-t-il seulement ? Je ne sais pas ; on dirait que ma déchéance est sans fin, sans fond, que plus je trouve quelque chose d'horrible à accomplir et plus il me vient d'idées encore plus horribles que cette dernière. Mev, D, et tous les autres ne sont que des distractions... mais parfois j'aimerais qu'ils soient davantage. Parfois, oui, me revient quelque minuscule parcelle mourante au plus profond de moi qui hurle à l'espoir. Ce maudit espoir, ce sentiment qui maintient en vie tout autant qu'il peut accélérer le temps de la mort. Chaque jour, à chaque L’ai-je déjà atteint ? Existe-t-il seulement ? Je ne sais pas ; on dirait que ma déchéance est sans fin, sans fond, que plus je trouve quelque chose d’horrible à accomplir et plus il me vient d’idées encore plus horribles que cette dernière.
Mev, D, et tous les autres ne sont que des distractions… mais parfois j’aimerais qu’ils soient davantage. Parfois, oui, me revient quelque minuscule parcelle mourante au plus profond de moi qui hurle à l’espoir. Ce maudit espoir, ce sentiment qui maintient en vie tout autant qu’il peut accélérer le temps de la mort.
Chaque jour, à chaque heure, je plonge un peu plus. Je ne dis jamais rien de ce qui m’anime et de ce qui me torture. Il m’arrive de penser qu’il faudrait peut-être que j’en parle à quelqu’un. Mais à qui ? Personne ne peut supporter d’entendre une personne crier encore et encore que son seul et unique souhait est de ne plus jamais espérer quoique ce soit…
Les objets qui m’entourent me rappellent combien ce que je possède est inutile. L’argent - le peu dont dispose une étudiante fauchée -, une chambre dans une colocation, le téléphone, l’ordinateur, la tasse de thé, les stylos et les crayons, les livres, les cahiers, les vêtements et les chaussures… la liste me pèse beaucoup car de tous ces objets, il n’y en a pas un que j’emporterais avec moi sur une île déserte. Or, c’est peut-être là que je finirais par me rendre, sur une île perdue quelque part. Sûrement pas déserte, puisque rares sont les lieux vides de présence humaine. Et puis je ne voudrais pas non plus ne plus croiser d’humain ; j’apprécie trop de jouer les voyeurs pour cela. Cependant, je me sens le cœur à errer et à marcher comme je rêve : tout observer, tout absorber, et tout laisser venir et repartir sans en éprouver ni joie ni peine, simplement l’étonnement fugace que donne le frisson de l’inconnu, sel de la vie.
Le point de non-retour, est-ce lorsque l’envie de mourir finit par gagner ? Une de mes amies à l’époque du lycée avait eu envie d’en finir. Et elle avait réussi… Je m’interroge toujours ; pensait-elle qu’en se suicidant elle trouverait mieux ? Que mourir l’emmènerait loin de cette absence de ressenti, de ce vide angoissant qui la possédait ? Je n’ai pour ma part jamais pu me convaincre que mourir pourrait remplacer ce vide. Toujours coincée entre deux eaux, hein…

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2018-11-27T21:22:13+01:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/N-essaye-meme-pas "N'essaye même pas." Des affaires, des papiers, quelques rendez-vous... le temps écrase tout ça et en fait des miettes que les gens oublient peu à peu. Tant mieux. Parce qu'on me laisse ignorer tout ça, que l'on ne cherche pas à me le rappeler, et qu'à force il n'y a plus personne qui a envie de me secouer, de me faire réagir. Je ne veux pas qu'il y ait quelqu'un qui le fasse, jamais. Parce qu'il ou elle échouera forcément. Parce qu'ils échouent tous. Toujours. Je n'arrête pas de penser à des phrases qui commencent par : "Quand je partirai...". Mais je me sens déjà si loin ! Ce ne sera pas vraiment Des affaires, des papiers, quelques rendez-vous… le temps écrase tout ça et en fait des miettes que les gens oublient peu à peu. Tant mieux. Parce qu’on me laisse ignorer tout ça, que l’on ne cherche pas à me le rappeler, et qu’à force il n’y a plus personne qui a envie de me secouer, de me faire réagir. Je ne veux pas qu’il y ait quelqu’un qui le fasse, jamais. Parce qu’il ou elle échouera forcément. Parce qu’ils échouent tous. Toujours.
Je n’arrête pas de penser à des phrases qui commencent par : "Quand je partirai...". Mais je me sens déjà si loin ! Ce ne sera pas vraiment un départ, ce ne sera que la suite logique de cet éloignement, de ce détachement de l’âme, d’un abandon.
On discutait ma mère et moi, tout à l’heure, dans un petit café. Elle parlait et me donnait des conseils, me disait qu’il fallait penser à telle ou telle chose pour préparer mon futur voyage. Oui, parce que finalement, je lui ai plus ou moins expliquer mes plans. En fait, c’est une absence de plan qui me caractérise, mais il fallait bien concocter ce fameux mensonge rassurant à lancer en bouclier face à cet amour maternelle presque étouffant… Donc j’ai menti. Encore. Et elle m’a cru. Encore. Dans ses mots, je sentais comme une sorte de supplique : "ne pars pas". Cependant, j’ai fait comme si je ne comprenais pas cette supplique silencieusement insinuée. Et je ne pensais qu’une chose : "N’essaye pas de me retenir. N’essaye même pas. Rien ni personne ne le peut, je le sais ; moi-même, j’ai essayé et j’ai échoué." Comme souvent, je ne répondais rien parce que je connais le pouvoir des mots tout autant que leur absence de pouvoir ; s’ils peuvent être de vrais poignards, les mots qui sortent de ma bouche sont la plupart du temps comparables à des fantômes que l’on ignore et que l’on relègue avec dédain à un autre univers.
Je n’ai aucun but, aucune utilité. Alors pourquoi ne pas me laisser porter par ces petites poussées d’instinct, par ces virulents désirs qui s’éteignent presque aussi vite qu’ils naissent, par ce qui me traverse et me mène quelque part - peu importe où ; de toute façon, je ne connais jamais vraiment la destination -, par tout ce que l’on ne peut contrôler et par tout ce que je me refuse à essayer de contrôler ?

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2018-11-25T00:38:08+01:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Un-jour-inutile Un jour inutile Je trouve enfin le temps de mettre le peu d'ordre que je puisse tenter de mettre dans les événements qui se sont passés hier... et je crois encore une fois qu'il vaut mieux que je n'analyse rien, que je me contente de relater les faits. No m'a recontactée. On avait prévu de se voir mais au dernier moment, j'ai annulé. Je ne me sentais pas de la revoir, en fin de compte. Pour être plus exacte, hier je ne voulais voir personne. Je ne voulais même pas sortir de chez moi. Couchée sous ma couette, les yeux tantôt rivés au plafond, tantôt tournés vers la fenêtre et le ciel Je trouve enfin le temps de mettre le peu d’ordre que je puisse tenter de mettre dans les événements qui se sont passés hier… et je crois encore une fois qu’il vaut mieux que je n’analyse rien, que je me contente de relater les faits.
No m’a recontactée. On avait prévu de se voir mais au dernier moment, j’ai annulé. Je ne me sentais pas de la revoir, en fin de compte. Pour être plus exacte, hier je ne voulais voir personne. Je ne voulais même pas sortir de chez moi. Couchée sous ma couette, les yeux tantôt rivés au plafond, tantôt tournés vers la fenêtre et le ciel entièrement gris, j’avais l’esprit vide. Ensuite, j’ai commencé à songer à la mort, à construire cette fameuse petite histoire du "si je mourrais, qui me pleurerait ?", à imaginer ce que diraient les gens qui me connaissent ou plutôt qui croient me connaître. J’ai lancé un CD - je ne me souviens même plus lequel - que j’ai écouté un moment. Puis j’ai arrêté la musique, j’ai éteint mon téléphone et je me suis endormie. Je ne voulais pas savoir l’heure, programmer une alarme pour me réveiller, et surtout je voulais arrêter de penser, alors j’ai fuis vers le sommeil.
Lorsque j’ai rouvert les yeux, il faisait nuit. Après un temps de méditation, je me suis décidée à regarder l’heure. 20h14. J’ai appelé Mev et on est sorties toutes les deux dans des bars. Je ne sais pas pourquoi je l’ai appelée, pourquoi elle a accepté, pourquoi je suis sortie alors que je ne voulais pas sortir, pourquoi je suis allée me mêler au monde alors que je ne voulais voir personne. Je ne voulais même pas voir mon propre visage dans un miroir ; je les évitais tous, même les vitres, de peur d’y voir mon reflet.
On est sorties, on a bu, on a dansé, on a rencontré des gens… je me sentais enfermée à l’intérieure de moi-même, complètement inaccessible. Un gars m’a laissé son numéro. Et une nana m’a donné le sien une poignée de minutes après. J’ai noté tout. Et j’ai tout effacé dès que je suis sortie du bar. Un autre lieu de débauche, une autre ambiance, une nouvelle musique, de nouvelles rencontres… un couple de mecs très sympa, une fille totalement perchée que j’ai presque failli ramener chez moi, son meilleur ami qui n’arrêtait pas de tomber au sol et qu’on aidait tout le temps à se relever, des verres, encore des verres, un mec qui drague Mev ; je me sentais soudainement soulagée. Rien de ce que je faisais ne semblait avoir d’importance. Mais je finis toujours par être seule et cette fois n’a pas fait exception. Je voyais Mev et ce gars s’embrasser, je voyais mes deux amis gays danser ensemble, je voyais la fille bourrée perdue dans son monde et ayant sans doute déjà oublier mon existence, je voyais tout et une larme solitaire a coulée de mon œil droit. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de prendre mes affaires et de m’en aller.
J’ai marché. Longtemps. Aucun autre moyen pour rentrer à ma coloc que de mettre un pied devant l’autre et d’espérer que mes jambes me soutiendront jusqu’au bout. J’ai marché et j’ai hurlé ma peine au vent glacial de la nuit et aux rues vides.

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2018-11-21T17:50:00+01:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Lorenzaccio-extrait Lorenzaccio - extrait ACTE III, scène 3 LORENZO Suis-je un Satan ? Lumière du ciel ! Je m'en souviens encore ; j'aurais pleuré avec la première fille que j'ai séduite, si elle ne s'était mise à rire. Quand j'ai commencé à jouer mon rôle de Brutus moderne, je marchais dans mes habits neufs de la grande confrérie du vice, comme un enfant de dix ans dans l'armure d'un géant de la fable. Je croyais que la corruption était un stigmate, et que les monstres seuls le portaient au front. J'avais commencé à dire tout haut que mes vingt années de vertu étaient un masque étouffant - ô Philippe ! j'entrais ACTE III, scène 3

LORENZO
Suis-je un Satan ? Lumière du ciel ! Je m’en souviens encore ; j’aurais pleuré avec la première fille que j’ai séduite, si elle ne s’était mise à rire. Quand j’ai commencé à jouer mon rôle de Brutus moderne, je marchais dans mes habits neufs de la grande confrérie du vice, comme un enfant de dix ans dans l’armure d’un géant de la fable. Je croyais que la corruption était un stigmate, et que les monstres seuls le portaient au front. J’avais commencé à dire tout haut que mes vingt années de vertu étaient un masque étouffant - ô Philippe ! j’entrais alors dans la vie, et je vis qu’à mon approche tout le monde en faisait autant que moi ; tous les masques tombaient devant mon regard ; l’Humanité souleva sa robe, et me montra, comme à un adepte digne d’elle, sa monstrueuse nudité. J’ai vu les hommes tels qu’ils sont, et je me suis dit : Pour qui est-ce donc que je travaille ? Lorsque je parcourais les rues de Florence, avec mon fantôme à mes côtés, je regardais autour de moi, je cherchais les visages qui me donnaient du cœur, et je me demandais : Quand j’aurais fait mon coup, celui-là en profitera-t-il ? - J’ai vu les républicains dans leurs cabinets, je suis entré dans les boutiques, j’ai écouté et j’ai guetté. J’ai recueilli les discours des gens du peuple, j’ai vu l’effet que produisait sur eux la tyrannie ; j’ai bu, dans les banquets patriotiques, le vin qui engendre la métaphore et la prosopopée, j’ai avalé entre deux baisers les larmes les plus vertueuses ; j’attendais toujours que l’humanité me laissât voir sur sa face quelque chose d’honnête. J’observais… comme un amant observa sa fiancée, en attendant le jour des noces !

PHILIPPE
Si tu n’as vu que le mal, je te plains, mais je ne puis te croire. Le mal existe, mais non pas sans le bien, comme l’ombre existe, mais non sans la lumière.

LORENZO
Tu ne veux voir en moi qu’un mépriseur d’hommes ! c’est me faire injure. Je sais parfaitement qu’il y en a de bons, mais à quoi servent-ils ? que font-ils ? comment agissent-ils ? Qu’importe que la conscience soit vivante, si le bras est mort ? Il y a de certains côtés par où tout devient bon : un chien est un ami fidèle ; on peut trouver en lui le meilleur des serviteurs, comme on peut voir aussi qu’il se roule sur les cadavres, et que la langue avec laquelle il lèche son maître sent la charogne d’une lieue. Tout ce que j’ai à voir, moi, c’est que je suis perdu, et que les hommes n’en profiteront pas plus qu’ils ne me comprendront.

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2018-11-18T22:16:10+01:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Pensees-vagabondes Pensées vagabondes Retour à la maison. Ma mère et mon frère qui discutent du monde, de la politique, des gens, des manifestations... et moi qui écoutent d'une oreille distraite en me sentant comme Lorenzo de Médicis de la pièce de Musset ; je me fiche de ce qu'il se passe, de ce que font les gens, et surtout, je sais bien à quel point tout cela est futile. Un souvenir qui me hante. Le souvenir de D et moi, de cette idée stupide que j'ai eue, de ce moment où je lui ai taillé une pipe, et de notre conversation après. "Pourquoi tu m'as embrassée ?" - "Tu me plais, tu es belle, tu m'as attirée depuis Retour à la maison. Ma mère et mon frère qui discutent du monde, de la politique, des gens, des manifestations… et moi qui écoutent d’une oreille distraite en me sentant comme Lorenzo de Médicis de la pièce de Musset ; je me fiche de ce qu’il se passe, de ce que font les gens, et surtout, je sais bien à quel point tout cela est futile.
Un souvenir qui me hante. Le souvenir de D et moi, de cette idée stupide que j’ai eue, de ce moment où je lui ai taillé une pipe, et de notre conversation après. "Pourquoi tu m’as embrassée ?" - "Tu me plais, tu es belle, tu m’as attirée depuis le début… Je sais pas, je me sens bien avec toi."
Cette réponse m’a rendue totalement silencieuse. Je pensais juste que c’était mieux de ne rien dire. Alors je n’ai rien dit d’autre. Si tu savais combien de personnes m’ont dit des mots similaires, D… Et combien ils les ont regrettés, ensuite. Tu ne me connais pas, D. Si tu me connaissais, tu ne pourrais pas dire ça.
Quand je suis à mon appart, je ne mange pas beaucoup. A l’inverse, chez ma mère, j’ai l’impression de manger trop. J’ai trop de temps pour moi. W a des projets, ma mère a des idées, mon frère est si créatif… ils font tous quelque chose. Moi, je mange, je dors, je souffre, je ris, je crie, je danse, je rêve, je pense, j’écris, je dessine, je me torture, mais je ne construis rien. Que pourrais-je bien construire ? Que font les monstres, hormis détruire ce que construisent les autres ?
Il y a un chemin dans la montagne, derrière la maison de ma mère. Je vais y marcher dès que j’en trouve l’occasion. Parfois, je fixe les arbres, puis me penche au bord du chemin et imagine à quoi ressemblerait une chute de cette hauteur-là, ensuite je cours jusqu’à être essoufflée, je pleure en serrant un tronc d’arbre contre moi, sèche mes larmes et retourne à la maison. Au bout de ce chemin - je ne vais pas souvent jusqu’au bout, à vrai dire - se trouve un atelier de poterie. Je ne sais pas si des gens y viennent ou s’il est voué à l’oubli. L’autre jour, j’ai commencé à écrire une histoire à propos de cet endroit. J’y ai imaginé des personnes, je me suis imaginée les observer, sortir de l’ombre de ce chemin et rester plantée là, debout devant la fenêtre, à regarder ce qui se passe. J’ai rêvé une histoire d’amour heureuse, j’ai écrit une fable que je pourrais moi-même qualifier de dégoulinante d’un romantisme écœurant. Mensonge que tout cela… mais beau mensonge, malgré tout.
Je n’aime pas vraiment le film qui a été fait à partir du dernier tome de la saga Harry Potter. Il y a dans le livre une intensité qui était tout simplement impossible à retranscrire, fut-ce en un film très long en deux parties. Je l’ai regardé, tout à l’heure. Et l’unique chose que je veux garder en mémoire est la musique. Je sens que, peut-être, avec ces mélodies il me sera possible de m’endormir, cette nuit.

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2018-11-17T02:04:40+01:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Hey-stoopid "Hey stoopid !" "Hey, hey, hey, Hey stoopid ! What you trying to do ? Hey, hey, hey, Hey stoopid ! They win, you loose !" Je suis fichue, je suis un monstre. W semble croire encore en moi... je me demande encore pourquoi elle tient à me voir, à m'appeler, à revenir ici pour me parler en face à face, à prendre de mes nouvelles et à me dire ce qu'elle devient, elle... Tout cela est inutile. Elle est comme tant d'autres ; elle ne peut rien pour moi. C'est simple, en fait. Les gens comme elle pensent qu'ils peuvent sauver, qu'ils ont suffisamment de forces pour cela. Et un jour, ils réalisent que c'est "Hey, hey, hey,
Hey stoopid !
What you trying to do ?
Hey, hey, hey,
Hey stoopid !
They win, you loose !"

Je suis fichue, je suis un monstre. W semble croire encore en moi… je me demande encore pourquoi elle tient à me voir, à m’appeler, à revenir ici pour me parler en face à face, à prendre de mes nouvelles et à me dire ce qu’elle devient, elle… Tout cela est inutile. Elle est comme tant d’autres ; elle ne peut rien pour moi. C’est simple, en fait. Les gens comme elle pensent qu’ils peuvent sauver, qu’ils ont suffisamment de forces pour cela. Et un jour, ils réalisent que c’est faux, qu’ils ne peuvent rien faire. W le sait sans doute déjà ; elle fait juste semblant avec moi pour essayer de me maintenir hors du gouffre. Mais je veux y sauter, moi, dans ce gouffre, je veux y plonger, voir ce qu’il y a derrière ce trou sombre et béant qui accueille les personnes comme moi, les monstres, les damnés, les maudits, les vivants qui pensent comme des morts.

Quand je regarde ma chambre, j’éclate de rire. Souvent traîne une bouteille d’un alcool quelconque sur mon bureau, dans le coin gauche. Des livres, toujours des livres, une petite pile que je change selon mes envies du moment, mes satanés amis les bouquins qui accompagnent une bonne partie de mes nuits sans sommeil. L’autre partie est dédiée aux jeux vidéos, à ma vieille DS et à mon ordinateur. Parfois, j’écris. C’est la raison de ce bloc-note sur la droite de mon bureau. La table de chevet a une place particulière dans mon cœur ; c’est là que je pose mon brûleur d’encens, quelques pierres et coquillages, parfois un dessin. Comme si le fait que ce soit l’une des premières choses que je vois à mon réveil - quand je réussis à m’endormir, bien sûr - pouvait effacer la souillure de mon être. Mais putain, rien ne peut me sauver ! Là, je suis entrain d’écrire et de déverser ma haine contre le monde et contre moi-même une fois de plus - une fois de trop ? - et je bois et fume, tantôt l’un, tantôt l’autre ; je m’égare et trouve plaisant de m’égarer. Merde, il est minuit et je ne dors pas… je me retiens de sortir, de faire à nouveau n’importe quoi, de laisser le démon en moi semer la discorde autour de lui. Il serait si facile de marcher jusqu’à mon bar favori, de boire un verre, de chercher du regard une personne réussissant à capter mon attention, de parler en sachant pertinemment où les mots vont me mener, de danser en laissant mes mains parcourir les corps… mais non, je ne sors pas. Je me punis. De quoi ? Je l’ignore.

Je fais quoi ici, je sers à quoi, bon sang ? Si je ne sers qu’à remplir ma petite vie minable dont personne ne se soucie, alors je ne sers à rien. Si je n’ai aucune valeur, ni aux yeux de mes proches, ni à mes propres yeux, alors je suis telle une feuille d’arbre ballottée par les vents. Que je vive ou que je meurs, cela n’a pas d’importance. C’est sans doute pour cela qu’aucun des risques que je prends ne me semble être réellement un risque. Je suis stupide. Je sais. Et je m’en fous.

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2018-11-15T00:27:00+01:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Esprit-de-contradiction Esprit de contradiction "Pourquoi tiens-tu tant à partir en forêt ? - Parce que tu crois que je n'y survivrai pas." Cela ressemble quelque peu à la façon dont je vois les choses. Je veux partir pour prouver ma valeur. Oh, ce ne sera pas un exploit digne d'être raconté et su par tous ; peu de monde en aura connaissance et à vrai dire ce n'est pas plus mal. C'est avant tout à moi-même que je veux me prouver quelque chose. Et peut-être aussi que j'ai l'espoir - que je déteste ce mot ! - que par un quelconque moyen cette force se voit ensuite à travers moi et qu'un jour, si je devais recroiser le chemin de "Pourquoi tiens-tu tant à partir en forêt ?
- Parce que tu crois que je n’y survivrai pas."

Cela ressemble quelque peu à la façon dont je vois les choses. Je veux partir pour prouver ma valeur. Oh, ce ne sera pas un exploit digne d’être raconté et su par tous ; peu de monde en aura connaissance et à vrai dire ce n’est pas plus mal. C’est avant tout à moi-même que je veux me prouver quelque chose. Et peut-être aussi que j’ai l’espoir - que je déteste ce mot ! - que par un quelconque moyen cette force se voit ensuite à travers moi et qu’un jour, si je devais recroiser le chemin de mon père, il la verrait, cette force. Que cela est stupide, n’est-ce pas ? De croire que mon père pourrait être fier de moi. De croire qu’il pourrait regretter de ne pas avoir participé à mon évolution, de n’y avoir joué aucun rôle. En fait, c’est milles fois plus puissant que la volonté d’un esprit de contradiction ; il y a toujours une part de moi qui se rebiffe, qui s’indigne et que je n’écoute pas dans le seul but de la mettre en rage. Dans chacune de mes actions, il y a cette pointe douloureuse et ce rire moqueur. Je ris et je souffre, je fais alors que je ne veux pas faire. Mais en même temps, j’ai besoin de le faire. C’est comme si rire et souffrir étaient les deux éléments impossibles à soustraire de ma vie.

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2018-11-14T09:58:14+01:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Au-dessous-du-volcan-je-l-entends-je-l-entends-j-entends-battre "Au-dessous du volcan, je l'entends, je l'entends, j'entends battre son cœur !" Et la musique et ses paroles troubles demeurent mes seules compagnes... La nuit dernière, j'ai rêvé, je ne me souviens plus de ce rêve, je ne sais qu'une chose, c'est que j'y parlais uniquement en anglais. La première fois que je fais un rêve dans une autre langue que ma langue natale. Peut-être un signe que j'arriverai finalement à maîtriser correctement cette langue, un jour. Une sorte de routine semble s'installer. Quelque chose comme un changement de lieu de vie tous les trois ou quatre jours environ ; je pars en famille, reviens à ma coloc, puis reviens chez ma mère etc... Et la musique et ses paroles troubles demeurent mes seules compagnes…

La nuit dernière, j’ai rêvé, je ne me souviens plus de ce rêve, je ne sais qu’une chose, c’est que j’y parlais uniquement en anglais. La première fois que je fais un rêve dans une autre langue que ma langue natale. Peut-être un signe que j’arriverai finalement à maîtriser correctement cette langue, un jour.

Une sorte de routine semble s’installer. Quelque chose comme un changement de lieu de vie tous les trois ou quatre jours environ ; je pars en famille, reviens à ma coloc, puis reviens chez ma mère etc… Je ne me sens à ma place à aucun de ces deux endroits. J’aimerais pouvoir m’endormir normalement le soir, pouvoir m’endormir en écoutant l’absence de bruit autres que les battements de mon propre cœur. Je dors toujours aussi mal. Je ne sors pas assez la journée, je sors trop la nuit. Rien n’occupe l’énergie qui bouillonne en moi, je n’ai pas d’épreuve ; personne ne parvient à trouver le courage de m’en donner une. Je me dévouerais volontiers à une personne, si seulement il en existait une qui désirait mon aide ou même simplement ma compagnie. Mais il n’y a rien. Lorsqu’il me semble entendre un cœur battre, ce n’est pas le mien, c’est celui de quelqu’un qui n’existe pas.

On m’a appelée "jeune homme", ce weekend. C’est la première fois qu’on me confond avec l’autre sexe. Quelque part, je m’en sens fière. Et en même temps je ne peux m’empêcher de me rappeler que c’est un signe supplémentaire de mon ambiguïté, de cet entre-deux qui ne veut jamais pencher plus d’un côté que de l’autre, de ce qui fait de moi quelqu’un - quelque chose ? - d’inclassable. Un monstre. Et le pire, c’est que je me sais incapable de remédier à cela. Même si je changeais mon corps, que je tentais de tromper mon propre esprit, il resterait toujours cette part de moi qui est inaccessible et qui ne se plierait à aucun compromis. C’est à la fois rassurant de se dire que quoi qu’il puisse m’arriver, les autres - tout comme moi - ne pourront pas atteindre cette part secrète de moi-même, et perturbant de songer qu’il existe en moi quelque chose qui me restera à jamais totalement étranger.

Les cœurs des monstres battent-ils tels des tambours, eux aussi ?

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2018-11-12T15:45:31+01:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Au-coeur-du-coeur Au cœur du cœur La sauge brûle, sa fumée emplit la pièce. Je vois le léger brouillard, je le respire. Parfois, je me surprends à observer le sol de ma chambre, à suivre du regard les entrelacs du parquet de bois. C'est comme lorsque je regarde les nuages dans le ciel ; j'y vois des formes. Je vois des sorcières se réunirent, une tête de loutre faisant face à celle d'un ours, un géant au marteau... j'observe et découvre milles histoires. Je médite une heure, peut-être deux ; je ne compte plus le temps, je ne me préoccupe plus de l'heure. Je cherche des réponses. J'explore tout ce qui se La sauge brûle, sa fumée emplit la pièce. Je vois le léger brouillard, je le respire. Parfois, je me surprends à observer le sol de ma chambre, à suivre du regard les entrelacs du parquet de bois. C’est comme lorsque je regarde les nuages dans le ciel ; j’y vois des formes. Je vois des sorcières se réunirent, une tête de loutre faisant face à celle d’un ours, un géant au marteau… j’observe et découvre milles histoires. Je médite une heure, peut-être deux ; je ne compte plus le temps, je ne me préoccupe plus de l’heure. Je cherche des réponses. J’explore tout ce qui se présente à moi, je m’y plonge sans tenter d’analyser ou de réfléchir. Je cherche des réponses. Dans mon cœur. Les chants résonnent autour de moi, les voix aux paroles étranges que je ne peux comprendre, la musique et ce tambour battant font bouger mon corps, je danse sans savoir ce que je danse. Est-ce que je fête un événement heureux ? Est-ce que je fête une naissance ou une mort ? Je ne sais pas. Je célèbre quelque chose, puisque je danse et chante. Le soleil commencera à se coucher et je suivrai sa course jusqu’à temps qu’il disparaisse. Une fois qu’il fera nuit, je sortirai. Courir dans la nuit. Grimper à un arbre et m’y percher pour contempler le monde. Et chercher mes réponses. Je vais courir loin, je vais courir vite. Je veux courir jusqu’à ne plus penser qu’à courir. Esprits, dieux, fantômes… peu m’importe. Ils sont là et je peux les voir. J’avais failli les oublier, j’avais presque fini par me convaincre que ce n’étaient que pures hallucinations. Mais ils ne m’ont pas lâchée ; j’ai ressenti le besoin de les retrouver à chaque instant. Ce frémissement de joie lorsque le vent balayait mon visage, ce pincement au cœur lorsque je constatais à quel point ce dernier était vide, c’étaient des signes, des appels, des rappels de ce que je connaissais et que je n’avais jamais vraiment oublié. Bien sûr que je suis seule, que je suis triste et amère. Sauf que je suis parfois aussi quelqu’un d’autre, quelqu’un qui n’est ni joyeux ni triste. Quelqu’un qui est là et qui n’est pas là en même temps, qui ne vit ni ne meurt, qui observe et ne pense pas. Ce n’est que dans ces moments-là que je peux les voir. Et que je peux chercher mes réponses. Dans mon cœur.

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2018-11-08T16:49:17+01:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Please-let-her-go "Please, let her go." Quelque chose me fait beaucoup réfléchir, ces derniers temps. Je vais partir, c'est une certitude. Je vais m'en aller, tenter l'aventure, marcher au hasard, croiser le chemin de certains et quitter des yeux celui de d'autres. Je ne vais laisser que peu de personnes derrière moi. Il y aura ma mère, mon petit frère N, mon chat Lou, W, Sol, et je pense que c'est la fin de la liste. Courte liste. Mais liste tout de même. D'où ma question : comment leur dire "au revoir" ? Au départ, je songeais à faire une lettre ; on finit par connaître mon grand amour des lettres, n'est-ce pas ? Enfin Quelque chose me fait beaucoup réfléchir, ces derniers temps. Je vais partir, c’est une certitude. Je vais m’en aller, tenter l’aventure, marcher au hasard, croiser le chemin de certains et quitter des yeux celui de d’autres. Je ne vais laisser que peu de personnes derrière moi. Il y aura ma mère, mon petit frère N, mon chat Lou, W, Sol, et je pense que c’est la fin de la liste. Courte liste. Mais liste tout de même. D’où ma question : comment leur dire "au revoir" ? Au départ, je songeais à faire une lettre ; on finit par connaître mon grand amour des lettres, n’est-ce pas ? Enfin bref, je me disais qu’une lettre - des mots écrits donc - permettrait de laisser à ceux qui les liront le temps d’analyser les choses, et qui sait, peut-être même d’obtenir un début de compréhension par rapport à ma décision. Mais ce que je pense des mots et des écrits me fait douter de cette idée. Les mots peuvent mentir. Sauf qu’il y a pire encore. Lorsque les mots me concernent, lorsque ce sont mes mots, ils risquent de trop en dévoiler. Or, ce que je veux justement éviter, c’est que ces personnes que je vais laisser aient trop d’éléments en leur possession. Je ne veux pas qu’ils puissent éventrer ma pensée, mon âme, mes pulsions, et qu’ils en fassent quelque chose de si difforme que même moi je ne puisse le reconnaître comme mien.
Mais si je ne laisse pas de lettre, devrais-je alors dire ce que j’ai l’intention de faire ? Exprimer en quelques phrases mon projet, essayer d’en dire le moins possible tout en étant assez clair afin qu’ils ne s’inquiètent de rien et ne cherchent pas à s’inquiéter de quoique ce soit. Cela me paraît toujours aussi inimaginable. Comment peut-on dire ce besoin, cette quête, ce brouillard, ce tressaillement du fond du cœur qui revient sans cesse nous pousser vers ce que l’on ne connaît pas et qui nous attire tant ?
En fin de compte, j’ai songé à ne rien écrire et à ne rien dire. Juste… partir comme ça, sans donner aucune explication. Geste égoïste, sans doute. Ce serait comme… faire silence, ne pas répondre à une question posée. Est-ce à dire que le silence est une réponse égoïste ? Aux yeux de certains, j’imagine que oui. Je l’ai déjà écrit : pourquoi personne ne peut se satisfaire du silence ?
Alors je ne sais pas. Dire, écrire, ne pas dire, ne pas écrire, partir pour revenir plus tard, partir et ne jamais revenir, partir sans savoir si l’on va revenir ou pas… Les contradictions s’enchaînent et se multiplient, traçant la route sinueuse de ma vie. Ce serait si facile, si on me laissait partir…

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2018-11-04T00:51:13+01:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Des-mots-sans-pouvoir Des mots sans pouvoir "Le sommeil ne vient pas. Pas de sommeil, pas de repos. Jamais. Les démons ne connaissent jamais de repos, alors pourquoi lui pourrait-il connaître cette paix inaccessible ? Et pourtant, ce qui nous manque le plus ne peut être que quelque chose que l'on a déjà connu ; c'est ce que l'on dit. Mais qui a dit ça ? Il s'en moque. La seule chose qu'il veut, c'est dormir. D'un vrai sommeil, de cet abandon au monde des rêves qui permet de se déconnecter de son corps et de ces pensées parasites tournant en boucle tel un vieux vinyle qu'un dieu malveillant s'amuserait à repasser "Le sommeil ne vient pas. Pas de sommeil, pas de repos. Jamais. Les démons ne connaissent jamais de repos, alors pourquoi lui pourrait-il connaître cette paix inaccessible ? Et pourtant, ce qui nous manque le plus ne peut être que quelque chose que l’on a déjà connu ; c’est ce que l’on dit. Mais qui a dit ça ? Il s’en moque. La seule chose qu’il veut, c’est dormir. D’un vrai sommeil, de cet abandon au monde des rêves qui permet de se déconnecter de son corps et de ces pensées parasites tournant en boucle tel un vieux vinyle qu’un dieu malveillant s’amuserait à repasser sans cesse avec, au coin des lèvres, un sourire sans joie.
Comment ce qu’il n’a pas connu peut-il bien lui manquer autant ? Le faire presque pleurer sans qu’il puisse savoir mettre de véritable mot sur sa souffrance, sur ce poids qui a un impact considérable et une force colossale mais qui est aussi invisible qu’un fantôme. Un démon, un fantôme, est-il l’un des deux ou bien les deux à la fois ? Il s’en moque. Il sourit, de ce sourire du dieu malveillant, il sourit et rit de lui, de sa faiblesse et du couple étrange que cette dernière forme avec sa forte volonté qui le tient éveillé malgré lui.
Il regarde la nuit, le ciel sombre et la lune étincelante par sa fenêtre. Il n’a fermé les volets que d’un seul côté. Une face dans l’ombre et l’autre dans la lumière artificielle de sa chambre ; une lueur bleutée à cause de l’abat-jour de la lampe de chevet. Il voit la nuit et le reflet de son visage sur la vitre. Des yeux le fixent, sombres, vides ; il a l’impression que la nuit est entrée dans ses yeux, possède ses yeux et le possède lui aussi tout entier, qu’il fait partie de la nuit pour toujours et que c’est pour cela qu’il ne peut pas dormir. La lune est pleine. Mais pleine de quoi ? Peut-être que s’il réfléchit à ce qui complète la lune, à ce qui la rend si lumineuse, si attirante, il trouvera une réponse avant le lever du soleil et l’arrivée du jour. Ou peut-être qu’il s’endormira enfin, sans jamais trouver de réponse."

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2018-11-01T02:18:49+01:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Aucun-sens Aucun sens Non, rien n'a plus aucun sens... plus rien. Que veut dire le mot "famille" lorsque ses membres sont à peine capables de vivre quelques mois maximum dans une même maison ? Ou encore lorsqu'un père abandonne sa fille ? Lorsque les liens fraternels s'étiolent au fil du temps et finissent par disparaître ? Des exemples autres que la famille, j'en ai en réserve, j'en ai des tas, des tonnes. Autant que les étoiles. Sauf qu'aucun ne m'apportera la moindre lueur. Je me suis réveillée avec une de ces migraines atroces qui me prennent environ une fois par mois, ce matin. J'ai vu mon visage Non, rien n’a plus aucun sens… plus rien. Que veut dire le mot "famille" lorsque ses membres sont à peine capables de vivre quelques mois maximum dans une même maison ? Ou encore lorsqu’un père abandonne sa fille ? Lorsque les liens fraternels s’étiolent au fil du temps et finissent par disparaître ? Des exemples autres que la famille, j’en ai en réserve, j’en ai des tas, des tonnes. Autant que les étoiles. Sauf qu’aucun ne m’apportera la moindre lueur.
Je me suis réveillée avec une de ces migraines atroces qui me prennent environ une fois par mois, ce matin. J’ai vu mon visage dans le miroir, j’y ai vu des débuts de cernes, j’y ai vu un regard étranger ; j’y ai vu quelque chose que je ne saurai décrire. Je ne peux pas le décrire car ça n’a pas de sens, ça n’en a plus.
J’ai à nouveau peur de finir noyée. Pourtant, je n’ai jamais eu peur de l’eau, de la mer ou d’un quelconque océan. J’ai peur de mourir noyée dans le monde. Peut-être qu’un jour, j’aurais si peur que je me jetterais moi-même dans un océan avec l’intention de m’y suicider, de me décider à mourir de cette façon plutôt que d’une autre.
Pourquoi n’y a-t-il rien qui puisse porter mon âme ? Rien qui puisse me sortir de cet affreux entre-deux, de cette survie entre vie et mort ? Certains sont émus par l’art et uniquement par l’art, mais ils ont déjà quelque chose, une passion, bien qu’il n’y en ait qu’une, qui suffit à les transporter, à les relier au monde. Moi, je suis "jeune et pleine de possibilité", dit-on, mais je n’ai rien. Je suis vide. Et tout me semble vide, aussi vide que moi. Et ceux qui disent le contraire sont soit des imbéciles heureux, soit des menteurs encore plus doués que moi puisqu’ils ont réussi à se convaincre de leurs propres mensonges.
Comment puis-je croire en quoique ce soit, désormais ? Je n’ai jamais réussi à croire à une religion quelconque. Avant, je croyais à la famille, mais cela fut de courte durée. J’ai cru assez longuement à l’amour ; jusqu’à ma rencontre avec Sol. Il m’aura au moins apprit une chose, celui-là. J’ai cru à l’amitié jusqu’à il y a un an environ, avant que chacun de mes amis me délaisse, m’abandonne ou me trahisse. Je croyais en mes études, en le pouvoir d’un dur travail finalement récompensé, et là aussi je fus sortie de mes illusions aussi sec. Je me demande s’il y a encore quelque chose en quoi je crois, à l’heure actuelle. Ah, si, il reste une chose. Mon futur voyage. C’est ma dernière croyance, le seul de mes rêves qui n’a pas encore été anéanti. J’espère qu’il ne le sera pas avant que je me décide à partir.

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2018-10-30T20:23:32+01:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Juste-laisse-moi Juste... laisse-moi "Cette soirée m'a coûtée 23 euros. Cette soirée m'a coûtée 23 euros..." Je n'arrêtais pas de penser à ça, dans le tramway, tout à l'heure. Je fixais la vitre, le regard absent ; j'étais absente. Hors de moi, hors du temps, hors de tout, hors de portée de quiconque aurait l'audace d'essayer de m'attraper. Et puis de toute façon, si je rencontrais à nouveau des personnes prêtes à se risquer à faire ça, je dirais simplement : "fichez-moi la paix". Je voulais aller au cinéma, cela faisait longtemps. Le film m'a émue aux larmes. Ça aussi, ça faisait longtemps que ça ne "Cette soirée m’a coûtée 23 euros. Cette soirée m’a coûtée 23 euros..." Je n’arrêtais pas de penser à ça, dans le tramway, tout à l’heure. Je fixais la vitre, le regard absent ; j’étais absente. Hors de moi, hors du temps, hors de tout, hors de portée de quiconque aurait l’audace d’essayer de m’attraper. Et puis de toute façon, si je rencontrais à nouveau des personnes prêtes à se risquer à faire ça, je dirais simplement : "fichez-moi la paix".

Je voulais aller au cinéma, cela faisait longtemps. Le film m’a émue aux larmes. Ça aussi, ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé. Ce qui m’a énervé ce soir, ce sont ces gens qui m’ont demandé : "pourquoi tu fais ça ?". Encore eux, toujours eux, toujours ces êtres pour qui ce qui est illogique est tabou, dangereux, et qui du coup vont pointer du doigt "les excentriques", "les fous", "les personnes bizarres". Vous vous demandez pourquoi après avoir visionné un film particulièrement touchant et bouleversant, je suis allée dans un bar pour me saouler, danser sans mon tee-shirt sur une table au milieu d’une foule d’inconnus alcoolisés ? Vous vous demandez pourquoi, alors que je pourrais tranquillement vivre dans une maison à la campagne avec les deux seuls membres de ma famille qui me supportent encore, je vis actuellement dans un appartement vieillot avec trois colocataires aussi discrets et avec aussi peu de personnalité que des rats ? Et bien je n’ai pas vraiment de réponse à ces questions. Et contrairement à ceux qui me posent ces fichues questions, je n’ai pas envie de chercher de réponse.

Ma mère m’écrit régulièrement, comme si elle avait peur que quelque chose de terrible arrive si elle ne le fait pas. Je sais survivre sans elle, à ma façon certes, mais je sais le faire. J’ai bien réussi à survivre sans mon père, après tout…

Quand un mec se met torse nu dans un bar, il devient juste un gars qui a un coup de chaud - probablement à cause de l’alcool plus que de la danse - et qui veut déconner deux secondes. Par contre, une nana qui enlève son tee-shirt, elle devient une nana que tout le monde fixe avec des yeux stupéfaits en criant "elle est à poil !" et que tous les mecs veulent sauter. Merde les gars, j’étais en soutif, pas "à poil". Encore un moment de décalage. Un de ces fameux moments où je me dis que jamais je ne trouverai quelqu’un qui me ressemblerait ne serait-ce qu’un tout petit peu. Alors, si je dois rester seule, personne n’a le droit de se mêler de ce que je fais de ma vie, personne, OK ? C’est le message que je vais faire passer autour de moi, désormais. Laissez-moi. Tous autant que vous êtes. Maman, laisse-moi. W, laisse-moi. Tous, laissez-moi tranquille… vous ne pouvez qu’aggraver les choses en étant atteint par ma folie et en me faisant culpabiliser de vous avoir entraîné avec moi là-dedans.

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2018-10-26T00:09:40+02:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Silence Silence Plus de bruit, plus de mots. Dehors, il fait sombre et j'ai eu froid lorsque je suis rentrée, tout à l'heure. Rentrée chez moi... non, pas chez moi. Plutôt à mon nouveau lieu de vie provisoire, mon camp de base numéro 2. Le numéro 1, c'est chez ma mère qui réside maintenant dans un village entre des montagnes recouvertes de verdure. Je n'ai rien dit. Je n'ai rien exprimé de la perte de repères qui est la mienne. Je fais silence. J'écris parfois, mais cela reste... flou, des émotions jetées en pâture à qui voudra les lire. Le silence, l'absence de paroles, c'est assez Plus de bruit, plus de mots. Dehors, il fait sombre et j’ai eu froid lorsque je suis rentrée, tout à l’heure. Rentrée chez moi… non, pas chez moi. Plutôt à mon nouveau lieu de vie provisoire, mon camp de base numéro 2. Le numéro 1, c’est chez ma mère qui réside maintenant dans un village entre des montagnes recouvertes de verdure. Je n’ai rien dit. Je n’ai rien exprimé de la perte de repères qui est la mienne. Je fais silence. J’écris parfois, mais cela reste… flou, des émotions jetées en pâture à qui voudra les lire.
Le silence, l’absence de paroles, c’est assez confortable. Cela m’évite des situations embarrassantes et en même temps, cela m’évite de me poser encore plus de questions existentielles.

J’ai acheté du muscat. J’aime pas le muscat. Pourquoi j’en ai acheté alors ? Il me fallait quelque chose qui sorte de l’ordinaire, quelque chose que je n’ai pas l’habitude de boire. Je suis vite fatiguée et lassée des choses. Des gens aussi, d’ailleurs.

Je comble le silence par de la musique. En fait, le silence que j’aime est celui où les conversations n’existent pas. Le reste des sons me plaît ; chaque son est comme une musique pour moi, ce sont des distractions. Le moteur du bus qui roule. Le vent qui souffle dans les arbres. Les doigts tapant sur les claviers des ordinateurs dans les amphithéâtres de la FAC. Le bol qui s’entrechoque accidentellement avec un autre lorsqu’on fait la vaisselle.

Le silence est un vieil ami à moi. Le plus vieux et l’un des plus loyaux. Mais ma meilleure amie reste la solitude.

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2018-10-22T23:20:40+02:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Comme-un-air-de-deja-vu Comme un air de déjà vu Une manie que certains qualifient de stupide : celle de remettre d'anciennes photos de profil datant d'un an ou bien de quatre ans, voire plus. Je viens de découvrir que Sol et moi avons cette même manie stupide. Encore une bonne raison de m'énerver. Alors il n'a aucun rôle à jouer dans ma vie et pourtant, il y a encore et toujours des signes de sa présence qui reviennent me hanter, et moi, je devrais accepter ça ? Non, je ne l'accepterai pas. Je n'accepte plus rien. Je me souviens qu'il y a environ cinq ans, je vivais à peu près dans l'état où je suis aujourd'hui. La solitude, Une manie que certains qualifient de stupide : celle de remettre d’anciennes photos de profil datant d’un an ou bien de quatre ans, voire plus. Je viens de découvrir que Sol et moi avons cette même manie stupide. Encore une bonne raison de m’énerver. Alors il n’a aucun rôle à jouer dans ma vie et pourtant, il y a encore et toujours des signes de sa présence qui reviennent me hanter, et moi, je devrais accepter ça ? Non, je ne l’accepterai pas. Je n’accepte plus rien.

Je me souviens qu’il y a environ cinq ans, je vivais à peu près dans l’état où je suis aujourd’hui. La solitude, les heures passées à regarder les objets autour de moi, le ciel, le béton, les gens, mes pieds, les immeubles, et le temps qui semble infini et dont je ne perçois pas l’emprise. Cette sensation d’être seule renforcée par le fait que ce sont ces moments-là que choisissent les personnes ayant ton numéro pour ne plus t’appeler, pour ne plus t’écrire, pour t’oublier, et ensuite te montrer à quel point tu es insignifiant pour eux en t’envoyant un vague "ça va ?" des mois plus tard. Le pire, ce ne sont pas les souvenirs des conversations ou des sourires, non, le pire, ce sont les souvenirs des contacts physiques. J’ai pourtant grandi dans une famille plutôt affectueuse, avec juste ce qu’il faut de câlins sans que ça devienne étouffant. Mais je crois que ces dernières années, j’ai développé comme une sorte de repoussoir à affection, parce que je n’ai plus vraiment de contact physique avec les personnes qui sont sensées être mes proches. L’autre jour, quand j’ai rencontré une de mes nouvelles colocataires, on s’est fait la bise et elle a posé brièvement une main sur mon épaule. J’ai tout de suite eu un mouvement de recul, quelque chose qui ressemble à la réaction d’un animal farouche qu’on veut apprivoiser avec des caresses mais qui se méfie face au moindre signe de gentillesse. Et tout de suite après je me suis détestée d’avoir eu cette réaction. Parce qu’elle l’a remarquée et que, du coup, elle va penser que je ne veux pas de ce contact pourtant si simple et si habituel à ses yeux. Pourquoi personne ne peut voir au-delà des apparences ? Merde, je donnerai tant pour pouvoir me convaincre que tout n’est pas foutu, même si ce n’est pas vrai, je voudrais pouvoir m’hypnotiser moi-même afin de ne plus penser à ne plus penser… je voudrais réussir à réparer ce qui ne va pas chez moi, et si c’est impossible, à vivre bien les choses au lieu de me haïr constamment.

J’ai l’impression d’être revenue au point de départ, de ne pas avoir avancer. De sans cesse tomber en miettes après avoir entrevu quelques instants de paix qui m’ont fait croire, l’espace de quelques secondes, que je pouvais espérer. No n’a pas compris que quand nous nous sommes rencontrées, elle m’a en quelque sorte sauvée de ma torpeur. Maintenant elle n’est plus là et personne ne l’a remplacée, elle a laissé le vide béant de mon cœur tel quel, et je ne peux rien faire toute seule pour l’empêcher de s’agrandir, ce vide, jusqu’à me posséder toute entière.

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2018-10-19T19:52:55+02:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Une-autre-facon-de-voir-les-choses Une autre façon de voir les choses Changement de lieu de vie. Je ne voulais pas vivre avec des colocataires, à la base, mais niveau financier, je n'ai pas eu tellement le choix. Ce n'est pas que je ne suis pas sociable ; je préfère simplement qu'il n'y ait personne dans les parages lorsque je délire. Je n'ai pas envie qu'on me pose des questions auxquelles je ne sais pas quoi répondre ou auxquelles je n'ai juste pas envie de répondre. Je me disais qu'au pire, je pourrais toujours revenir à la bonne vieille méthode du mensonge. Sauf que j'ai trouvé mieux. Le charme. C'est ce qui est au-dessus du mensonge, c'est encore Changement de lieu de vie. Je ne voulais pas vivre avec des colocataires, à la base, mais niveau financier, je n’ai pas eu tellement le choix. Ce n’est pas que je ne suis pas sociable ; je préfère simplement qu’il n’y ait personne dans les parages lorsque je délire. Je n’ai pas envie qu’on me pose des questions auxquelles je ne sais pas quoi répondre ou auxquelles je n’ai juste pas envie de répondre. Je me disais qu’au pire, je pourrais toujours revenir à la bonne vieille méthode du mensonge. Sauf que j’ai trouvé mieux. Le charme. C’est ce qui est au-dessus du mensonge, c’est encore plus piège, milles fois plus dur à appliquer et surtout milles fois plus dur à démasquer… Je vais tous les endormir, les charmer, faire en sorte qu’ils me laissent tranquille, qu’ils agissent d’une certaine façon tout en étant persuadés que cela vient d’eux. Je me suis rendue compte que - ça pourrait être une sorte de don, de pouvoir caché - j’arrive à influencer les gens. Pour de petites choses, ce n’est pas franchement super, mais ça a un côté… pratique, je dirais.
Voir les choses autrement… voir les choses à l’envers. Exemple : ce n’est pas moi qui vais m’intégrer à un lieu de vie mais les lieux qui vont se retrouver intégrés en moi, enchaînés à ma personnalité, parcourus par mes sombres pensées. Je ne vais pas disparaître ; je vais changer de plan, passer des grandes lignes aux petites lignes. Me glisser là où il n’y a personne mais d’où je peux voir tout le monde.

Bien sûr que j’ai encore peur. L’angoisse est toujours là, assoupie pour le moment. C’est plutôt la colère qui prend le dessus, à l’heure actuelle. Et cette envie de bouleverser l’ordre des choses, d’agir avec l’idée de blesser et de me blesser, puisque quand j’agis dans l’idée de guérir les autres et de me guérir moi aussi, cela ne fonctionne pas.

Je veux vivre mais je ne peux pas. Je veux mourir mais je ne peux pas. Je suis coincée avec moi-même.

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2018-10-17T22:21:00+02:00