Portes ouvertes et portes fermées http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/ Ici, c'est le bazar. Mon bazar. fr 2018-08-20T01:37:47+02:00 http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Morceaux-d-idees Morceaux d'idées Apprendre le japonais... sans savoir si un jour j'irais au Japon. Ecrire une lettre à mon père... et finir par hésiter entre la jeter au feu ou simplement la garder sans la poster. Effacer le numéro de téléphone de No de mon répertoire... pour ne plus la revoir ou pour arrêter de penser qu'on était vraiment bien quand on était amies, toutes les deux ? Lire ce bouquin sur la folie qui traîne sur mon bureau et que je n'ai jamais pris le temps de lire... parce que je veux me convaincre que je suis folle et que c'est peut-être la meilleure des pensées que j'ai eues, ces derniers Apprendre le japonais… sans savoir si un jour j’irais au Japon. Ecrire une lettre à mon père… et finir par hésiter entre la jeter au feu ou simplement la garder sans la poster. Effacer le numéro de téléphone de No de mon répertoire… pour ne plus la revoir ou pour arrêter de penser qu’on était vraiment bien quand on était amies, toutes les deux ? Lire ce bouquin sur la folie qui traîne sur mon bureau et que je n’ai jamais pris le temps de lire… parce que je veux me convaincre que je suis folle et que c’est peut-être la meilleure des pensées que j’ai eues, ces derniers jours.

Demain, je fais un break. Une semaine hors du monde, hors du temps, en-dehors de tout et même en-dehors de moi. J’ai fait un constat surprenant, hier soir. Les gens qui ont un jour croisé mon chemin peuvent être rangés en deux catégories : ceux avec lesquels je finis par me détester et ceux avec lesquels je finis par m’oublier. Mes préférés sont ceux de la seconde catégorie. Ils deviennent généralement ce que l’on appelle dans notre jolie langue mes amis. Les premiers sont ceux que je suis en quelque sorte forcée de fréquenter, comme la famille ou les relations de boulots.

Je disais donc, demain, commence mon "break". "One way ticket, one way ticket to the blues..." La chanson qui passe à la radio tandis que j’écris ces mots. Si seulement cette semaine pouvait être un one way ticket... Mais un jour, ça le sera.

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2018-08-20T01:37:47+02:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Croire-au-destin Croire au destin Je n'y croyais pas, je ne voulais simplement pas y croire. Croire que quelque chose de plus étrange encore que mes propres idées pouvait avoir un contrôle sur ma vie, sur des choses qui ne devraient pas être possible à prédire. Alors il y aurait quand même un destin, finalement ? Avant, je voyais cela de façon binaire, de façon stupide, je dirais. Je me disais, soit le destin n'existe pas et c'est moi qui décide, soit le destin existe et c'est lui qui décide quoi que je fasse. Mais non, il y a une autre alternative. Après tout, si je suis quelqu'un d'étrange, pourquoi le destin Je n’y croyais pas, je ne voulais simplement pas y croire. Croire que quelque chose de plus étrange encore que mes propres idées pouvait avoir un contrôle sur ma vie, sur des choses qui ne devraient pas être possible à prédire. Alors il y aurait quand même un destin, finalement ? Avant, je voyais cela de façon binaire, de façon stupide, je dirais. Je me disais, soit le destin n’existe pas et c’est moi qui décide, soit le destin existe et c’est lui qui décide quoi que je fasse. Mais non, il y a une autre alternative. Après tout, si je suis quelqu’un d’étrange, pourquoi le destin serait-il quelque chose de simple ? Le destin est compliqué, donc. OK. Alors on se complète, lui et moi. Je crois que finalement je me moque un peu de savoir si telle ou telle décision vient plus de moi ou plus de l’univers, car la décision sera toujours forcément en lien avec moi et avec l’univers. Pas de situation coupée en deux parties ni de séparation, mais au contraire une union que je vois comme une forme de compréhension. Qu’est-ce que l’univers ? Et ce moi, c’est qui, c’est quoi ? Questions intrigantes, hein.

Je crois donc à cette idée de "destin". Je vais même faire mieux ; je vais faire confiance à ce destin. A l’inconnu, à ce que je ne peux pas prédire, à ce qui se mettra sur mon chemin et qui me fera peut-être changer de direction. En quelque sorte, je vois ça comme une manière de croire en moi. De commencer à me faire un peu plus confiance à moi-même. Et de survivre. Pour espérer vivre un jour.

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2018-08-18T22:37:41+02:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Histoire-de-mensonges Histoire de mensonges J'ai lu un texte, il y a quelques jours ; une petite histoire ayant pour personnages principaux la Vérité et le Mensonge. Quelque chose qui finit par le Mensonge réussissant à voler les vêtements de la Vérité et donc à se faire passer pour elle. Au lycée, j'avais une prof de lettres - on pourrait presque dire prof de l'être - et je regrette de ne pas avoir gardé de contact avec cette femme. Une personne dure, intransigeante, autoritaire... et en même temps, profondément humaine, pleine de curiosité, d'un élan de vie comme j'en ai rarement rencontré. Je me souviendrai J’ai lu un texte, il y a quelques jours ; une petite histoire ayant pour personnages principaux la Vérité et le Mensonge. Quelque chose qui finit par le Mensonge réussissant à voler les vêtements de la Vérité et donc à se faire passer pour elle.

Au lycée, j’avais une prof de lettres - on pourrait presque dire prof de l’être - et je regrette de ne pas avoir gardé de contact avec cette femme. Une personne dure, intransigeante, autoritaire… et en même temps, profondément humaine, pleine de curiosité, d’un élan de vie comme j’en ai rarement rencontré.
Je me souviendrai toujours de la première fois où je suis allée à la Nuit des Musées. C’était son idée, elle aurait voulu que toute la classe s’y rende, mais au final il n’y eut que moi et un ami que j’avais réussi à convaincre. Je ne voulais pas y aller seule mais je ne voulais pas non plus passer à côté de cette occasion de me cultiver un peu. Ce n’est pas que j’aimais particulièrement les musées, c’est simplement que les quelques fois où j’en avais visité un, je m’étais sentie joyeuse, un peu comme une enfant découvrant le monde. Mon ami et moi avions donc visité les salles les unes après les autres, souriant, ne sachant plus où tourner nos regards tant il y avait de choses à voir, d’émotions entre ces murs dont il fallait que nous nous imprégnions. Et quelle surprise ! Mme D était là, elle aussi. Et pendant une heure elle répondit à toutes nos questions, nous expliquant plus que ce que nous étions capable de comprendre ; mais on ne l’arrêta pas, on se laissait comme bercer par ses mots. Elle avait ce don, Mme D. Celui qui faisait que je pouvais oublier tout pour me concentrer uniquement sur ce qu’elle disait.
En cours, elle nous a lu une histoire, un jour. Je ne me souviens pas de tout, juste de quelques éléments. Un peintre qui peignait des peintures avec tant de talent qu’il était le peintre le plus connu du monde, un empereur qui voulu le rencontrer et ordonna à ses soldats de le lui ramener, le peintre demandant ce qu’il a fait de mal et quel était son crime, et l’empereur lui répondant ceci : "J’ai grandi enfermé dans ce palais. Mon père admirait vos œuvres, il les aimait tant qu’il essayait de toutes se les procurer et qu’il les accrochait partout sur les murs. J’ai grandi enfermé ici, à regarder vos peintures jours et nuits, à rêver devant ces tableaux représentant le monde qui m’était inaccessible, à penser combien ce serait merveilleux de voir ce monde une fois que je serai sortit du palais… Le jour où je suis enfin sortit, je n’ai pas retrouvé cette merveille. Le monde était fade, terne, vide… vos tableaux étaient si différents. C’est là que j’ai su que vous m’aviez menti." Drôle d’histoire que celle-ci. Quand je me rappelle ces quelques brides de souvenirs de cette histoire, je me dis que je suis un peu comme cet empereur. A moi aussi, on m’a menti.

Mentir, c’est ce que font le mieux les gens qui m’entourent, ou ceux qui me rencontrent, ou encore ceux qui veulent me rencontrer. Ils le font tous, alors pourquoi pas moi, hein ? Sauf que moi je finis par être fatiguée de mentir. Eux, ils ne s’en lassent jamais. Ils aiment prendre les vêtements de la Vérité pour aller les donner au Mensonge. Parfois je me demande si je sais vraiment ce que je fais, si je mens ou si je dis la vérité. Quelle vérité ? Quel mensonge ? Le mensonge pour ne pas blesser quelqu’un ? La vérité selon ce que m’ont inculqué mes parents ? Parfois, je ne sais plus quels habits je porte ; est-ce seulement un jean et une chemise, ou bien est-ce un déguisement qui cache le Mensonge ?

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2018-08-16T23:06:29+02:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Un-coup-apres-l-autre Un coup après l'autre Premier coup : visite prochaine aux grands-parents, engueulade assurée, après-midi gâchée, moment épuisant et décevant en prévision. Deuxième coup : revoir Sol ce soir, vouloir lui parler et en même temps ne pas vouloir lui parler, garder mes distances et empêcher la souffrance d'envahir mon cœur du mieux que je pourrais. Troisième coup : isolement et mise à l'écart par mes "amis", retour de la solitude. Quatrième coup : propositions de débauches qui s'enchaînent et que je n'aurais bientôt plus la force de refuser. A quand le prochain coup ? Combien de temps pourrais-je Premier coup : visite prochaine aux grands-parents, engueulade assurée, après-midi gâchée, moment épuisant et décevant en prévision.
Deuxième coup : revoir Sol ce soir, vouloir lui parler et en même temps ne pas vouloir lui parler, garder mes distances et empêcher la souffrance d’envahir mon cœur du mieux que je pourrais.
Troisième coup : isolement et mise à l’écart par mes "amis", retour de la solitude.
Quatrième coup : propositions de débauches qui s’enchaînent et que je n’aurais bientôt plus la force de refuser.

A quand le prochain coup ? Combien de temps pourrais-je encore tenir sans m’effondrer ? Je ne suis pas si forte que ça ; je fais ce que je peux et souvent cela ne suffit pas. C’est impossible d’être toujours solide, de ne jamais être sur la défensive. Pourquoi ai-je l’impression que les gens autour de moi s’imaginent que je suis capable d’accomplir l’impossible, que je suis capable de tout prendre, de tout encaisser, et que rien ne me mettra à terre suffisamment longtemps pour me détruire ? Peut-être parce qu’ils passent tous leur temps à me tester, à me défier, à chercher à me blesser. Mais putain, je suis comme eux ! Je ne suis pas surhumaine, je ne peux pas survivre à tous ces coups. Ils leur faut quoi, putain ? Que je m’effondre en larmes ? Que je finisse par leur crier que je veux voir un psy ? Mais je ne le fais pas, je ne pleure pas des marres d’eau salée et je ne vais pas voir de psy afin de raconter ma vie et ses péripéties. C’est leur façon de réagir, ça. Pas la mienne. Alors ce serait ça ? Ils veulent que je réagissent comme eux quand je souffre ? Mais je ne suis pas comme ça, je ne peux pas être comme ça. Alors ils pensent que je ne souffre pas. Ils sont incapables de voir les autres signes de souffrance, mes signes de souffrance. Ces moments où je baisse légèrement la tête et où je regarde ailleurs comme si je pouvais détourner ma pensée avec la même rapidité, ces chansons que je traîne dans mon tel et que personne ne connaît, ces cauchemars que je fais et qui me foutent mes nuits en l’air, ces vieux jeux de cartes auxquels je joue pour me calmer, ces histoires que je m’invente afin de rendre les choses moins sombres qu’elles ne le sont…

J’ai mal, merde. J’ai peur. Même de moi. Surtout de moi.

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2018-08-15T18:47:32+02:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Wake-me-up-when-september-ends Wake me up when september ends Inertie des vacances. J'ai envie de bouger, de retrouver l'affolement de ces journées où "on a pas le temps". Ce n'est pas que j'aime vraiment retrouver le boulot ou la FAC, non, ce que j'aime c'est l'action. Avoir des choses à faire, des défis. J'aurai bientôt 21 ans. Ferais-je une fête d'anniversaire ? Et si oui, quelle forme prendra-t-elle ? En aucun cas je ne souhaite revivre le fiasco de mes 20 ans... alors, je ne sais pas ce qui est le mieux. Tenter de faire différemment ou ne rien faire et laisser le jour J passé sans rien de particulier ? C'est Lu qui est fan de Green Day, Inertie des vacances. J’ai envie de bouger, de retrouver l’affolement de ces journées où "on a pas le temps". Ce n’est pas que j’aime vraiment retrouver le boulot ou la FAC, non, ce que j’aime c’est l’action. Avoir des choses à faire, des défis.

J’aurai bientôt 21 ans. Ferais-je une fête d’anniversaire ? Et si oui, quelle forme prendra-t-elle ? En aucun cas je ne souhaite revivre le fiasco de mes 20 ans… alors, je ne sais pas ce qui est le mieux. Tenter de faire différemment ou ne rien faire et laisser le jour J passé sans rien de particulier ?

C’est Lu qui est fan de Green Day, pas moi. Mais bon, je me demande si parfois je deviens pas un peu accro à ce groupe, moi aussi, à force de l’écouter. "Wake me up when september ends..." ce serait parfait. Comme ça je n’aurais pas à vivre l’attente interminable, ou encore la déception des débuts difficiles. Et merde, voilà que je pense à Lu. Un visage aux traits paisibles, endormi, que j’observe dans la faible lumière du jour qui se lève. Je souris, secoue la tête, me tourne de l’autre côté pour réussir à détacher mon regard d’elle. J’essaye de me rendormir ; je n’y arrive pas. Un mouvement dans mon dos. Elle se blottit contre moi, je sens sa respiration lente contre mon cou. Nouveau sourire. Je l’écoute respirer ; je me rendors. Souvenir, souvenir…

J’aurai bientôt 21 ans. Qu’ai-je fait pendant un an ? Difficile à dire…

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2018-08-13T19:26:16+02:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Petite-descente-en-enfer Petite descente en enfer Qu'est-ce que je disais, l'autre jour ? Que quand je descends aux enfers, j'y vais seule. Entièrement vrai. Même quand je suis entourée de personnes que je pourrais qualifier "d'amis" - un peu exagéré comme qualificatif mais bon, on fera avec parce que j'ai pas mieux - je ne les emmène jamais avec moi au cœur de mes cauchemars. Finalement, je suis un peu comme Mi. Protectrice. Une soirée qui commence par de la gêne, des inconnus qui ne savent pas sur quel pied danser et quelques amis communs qui nous entraînent au hasard des rues. On passe de bar en bar, j'en reconnais la majorité. Qu’est-ce que je disais, l’autre jour ? Que quand je descends aux enfers, j’y vais seule. Entièrement vrai. Même quand je suis entourée de personnes que je pourrais qualifier "d’amis" - un peu exagéré comme qualificatif mais bon, on fera avec parce que j’ai pas mieux - je ne les emmène jamais avec moi au cœur de mes cauchemars. Finalement, je suis un peu comme Mi. Protectrice.

Une soirée qui commence par de la gêne, des inconnus qui ne savent pas sur quel pied danser et quelques amis communs qui nous entraînent au hasard des rues. On passe de bar en bar, j’en reconnais la majorité. Je ne prête pas vraiment attention aux conversations qui se créent. A certains moments, je me tourne vers Mev pour lâcher une ou deux blagues qui font rire tout le monde ; ils m’aiment bien, on dirait. Nous voilà dans l’un de mes bars préférés. Surprise : Mi débarque. Et je parle de plus en plus. Je parle trop. Nos amis finissent par s’imaginer qu’ils m’ont cerner, que quand je dis telle phrase c’est la vraie moi qui parle. Alors que je n’en pense pas un mot. Que presque rien de ce qui sort de ma bouche n’est vrai. Que quand je dis la vérité et que je lâche les mots qui me pèsent, personne ne le remarque ou alors personne ne le prend au sérieux. Fichu don du mensonge.
Ils s’amusent, ils sont dans leur monde. Et ne savent pas que je ne fais pas partie du leur. Je regarde Mev et je songe à la dernière fois qu’on a dansé ensemble, à son sourire, à son visage. J’aurais voulu qu’elle s’en souvienne. Mi me prend dans ses bras. Son parfum, ses mains chaudes, ses doux cheveux longs, je tente de conserver le souvenir de sa présence. Elle est déjà partie. Le souvenir s’efface. J’ai mal. Je souris, bois une gorgée de mon verre presque vide et relance une discussion avec D. Un type sympa, D. Un très bon danseur. Un autre bar, suivi d’une boîte, et la danse est lancée. D est dans son élément. Mev a l’air aussi timide que d’habitude. Mi va au fumoir. Les yeux dans le vague, je me demande quoi faire. Ils n’ont pas besoin de moi. Je suis fatiguée, je devrais rentrer. Je ne rentre pas. Je ne pars pas. Je vais danser avec Mev ; je lui murmure quelques mots à l’oreille que je regrette dans la seconde qui suit. "Dis-moi, est-ce que j’ai une chance avec toi ?" Je ne suis pas bourrée. Le cauchemar est juste parfois trop lourd à supporter alors il m’arrive de ne pas pouvoir tout contenir en moi, dans le secret du silence. Mev ne sait pas quoi répondre. Moi non plus, je ne sais pas ce qu’elle pourrait répondre. La soirée continue. Mi est toujours au fumoir et je me dis que si je fumais, ce serait ce que je ferais moi aussi pour ne pas avoir à expliquer aux autres pourquoi je n’arrive pas à sourire et à m’amuser.
Commande au bar. Une inconnue me demande si ça va. Je dois donc faire une tête pas terrible. Marre de sourire. Je lui raconte en trois phrases ce qui me fait chier. "J’ai dragué une amie et elle s’en fout. Ma deuxième amie sait que je suis bi, elle me chauffe alors qu’elle ne veut rien faire avec moi. Et je crois que je deviens alcoolique, là." L’inconnue rigole. Moi aussi. On part aux toilettes.
Retour de Mi. Danse. Il manque quelque chose. Je n’arrive à rien, mes pieds font n’importe quoi, je me sens pas à l’aise ; je m’éloigne du groupe. Besoin de solitude. Je cherche l’anonymat de la foule qui ne me connaît pas. Inquiétude de mes "amis". Je reviens, leur donne une excuse bidon.
Il y a Mi, Mev, D, des amis, de la bonne musique. Et dans ma tête, c’est l’enfer. Mi est la tentation incarnée. D est comme un petit frère turbulent que je dois surveiller et qui me tire sans cesse par le bras en criant. Mev est la fille que j’aimerais pouvoir protéger de tout. Les gens autour de nous sont une masse informe de visages flous, de sourires niais, de maladresse, d’alcool qui tombe au sol, d’embrassades fausses. Des monstres. De gentils monstres qui forment une bande soudée à laquelle je n’appartiens pas. Ils sont mes monstres et en même temps, ils ne le sont pas.
After chez un ami de Mi. Discussions qui n’en finissent pas. Personne n’a sommeil, personne ne dort. La nuit n’existe pas. Je ne dis rien d’étrange, je me retiens. Je ne raconte pas que j’ai couché avec cette nana, à la boîte. Je ne dis pas à Mev que j’ai envie de l’embrasser. Je ne dis pas à D qu’il devrait aller dormir. Je ne dis pas à cet inconnu qui nous accueille chez lui que je voudrais squatter quelques jours ici. Je ne dis pas à Mi que sa poitrine me fait rêver depuis vingt bonnes minutes. Je ne dis rien de mon enfer. Jamais.

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2018-08-12T17:36:00+02:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/What-s-in-my-head What's in my head ? La dernière soirée à laquelle je me suis rendue, je me rappelle avoir eu ce que j'appelle un "moment out". Un de ces moments où on se dit "Attends mais... pourquoi je fais ça déjà ?" ouais, ce genre de choses auxquelles il ne faut jamais penser en soirée. Parce qu'après c'est dur de revenir à l'état d'euphorie précédent ce moment trouble de réflexion qui n'a pas sa place ici. Je me souviens que c'est quand j'ai songé à ce fameux "qu'est-ce que je fais là ?" que j'ai vu cette fille. Elle pleurait. Au milieu de la fête, comme ça, elle pleurait et elle s'arrêtait pas. La La dernière soirée à laquelle je me suis rendue, je me rappelle avoir eu ce que j’appelle un "moment out". Un de ces moments où on se dit "Attends mais… pourquoi je fais ça déjà ?" ouais, ce genre de choses auxquelles il ne faut jamais penser en soirée. Parce qu’après c’est dur de revenir à l’état d’euphorie précédent ce moment trouble de réflexion qui n’a pas sa place ici. Je me souviens que c’est quand j’ai songé à ce fameux "qu’est-ce que je fais là ?" que j’ai vu cette fille. Elle pleurait. Au milieu de la fête, comme ça, elle pleurait et elle s’arrêtait pas. La raison de ses pleurs ? L’alcool. Et certainement une pensée ou un souvenir particulièrement puissant qui, allié à son état d’ivresse avancé, ne pouvait que la faire réagir de façon exagérée. Je me suis rapprochée d’elle, je lui ai fait un rapide câlin et ensuite je lui ai dit à l’oreille qu’elle était magnifique même avec des larmes sur le visage, et quand elle a sourit en entendant ça, j’ai rajouté que c’était encore mieux avec ce sourire là. Et je suis partie. J’avais fait ce que me dictait mon cœur. Tiens, ça faisait longtemps que je n’avais pas fait ça.

Une chanson hante ma tête. Le sourire de cette fille aussi. Il y a plein de trucs, en fait. Le tee-shirt avec une tête de mort brillante que Sol avait au dernier concert. Le souvenir de mon dernier tête à tête avec mon père, dans ce petit café pas loin de mon ancien lycée, celui où on allait boire des bières avec mes copines quand on séchait les cours de philo. L’envie de revoir Mev ; pour l’embrasser ou lui gueuler dessus, je sais pas encore. La photo de couverture de mon CD de Prince. Le visage de Lu et celui de No. Le prénom "Lily". Je ne sais pas quoi faire de tout ça.

Partir ne résoudra pas tout, je m’en doute bien. On dit que ceux qui ont souvent envie de voyager sont ceux qui ont envie de fuir, mais peu importe où ils vont, leurs faux pas et leurs erreurs sont toujours avec eux, comme leur ombre toujours attachée à leurs pas. Certains attendent l’aube avec impatience, moi je prie pour le crépuscule. La nuit qui effacera mon ombre. Au moins le temps de quelques heures. Cela me suffit.

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2018-08-11T18:40:06+02:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Liberte Liberté Un putain de soulagement. Voilà ce que signifie vraiment ce bouleversement dans ma vie. Je vais partir. Et je ne devrai plus rien à personne. Ma mère et mon frère N peuvent bien venir me rechercher, je ne leur dirai qu'une seule chose : "Vous n'avez jamais compris, alors ne cherchez pas à comprendre maintenant parce que c'est trop tard. J'ai fait ma vie sans vous. A vous d'en faire autant." Je sais, ça semble un peu cruel. Mais je pense que cette fois, il est plus que temps que j'arrête d'être "la gentille fille", "la sœur attachante", ou encore, "l'étudiante sérieuse". Il est Un putain de soulagement. Voilà ce que signifie vraiment ce bouleversement dans ma vie. Je vais partir. Et je ne devrai plus rien à personne. Ma mère et mon frère N peuvent bien venir me rechercher, je ne leur dirai qu’une seule chose : "Vous n’avez jamais compris, alors ne cherchez pas à comprendre maintenant parce que c’est trop tard. J’ai fait ma vie sans vous. A vous d’en faire autant." Je sais, ça semble un peu cruel. Mais je pense que cette fois, il est plus que temps que j’arrête d’être "la gentille fille", "la sœur attachante", ou encore, "l’étudiante sérieuse". Il est temps que je vive pour moi-même. Et non plus pour les autres. Je rêve de liberté, et aujourd’hui, je peux enfin en apercevoir un faible éclat. Je me lance à la suite de cet éclat de lumière bref et inattendu, je veux être libre. Et je le serai.

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2018-08-10T03:41:52+02:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/La-liste La liste Des listes, j'en ai fait un bon paquet. La plupart du temps seulement dans le but de m'amuser, de rire de ma façon bordélique d'organiser les choses. Mais cette fois, j'ai fait LA liste. Celle dont j'avais déjà parlée mais que je n'avais jamais faite. La liste de ce que je prendrais avec moi comme affaires si je devais partir sans savoir où ni comment. Un départ imprévu, précipité, et me voilà complètement prise par le temps, quelque peu effrayée et même très angoissée. Me dire que dans quelques mois ma vie changera du tout au tout, c'est... terrifiant. Et pourtant... c'est Des listes, j’en ai fait un bon paquet. La plupart du temps seulement dans le but de m’amuser, de rire de ma façon bordélique d’organiser les choses. Mais cette fois, j’ai fait LA liste. Celle dont j’avais déjà parlée mais que je n’avais jamais faite. La liste de ce que je prendrais avec moi comme affaires si je devais partir sans savoir où ni comment. Un départ imprévu, précipité, et me voilà complètement prise par le temps, quelque peu effrayée et même très angoissée. Me dire que dans quelques mois ma vie changera du tout au tout, c’est… terrifiant. Et pourtant… c’est tellement bon ! Je veux dire, je sais pas… en faisant cette liste, je n’ai pas arrêté de sourire. Enfin je vais pouvoir avoir l’occasion de mettre en pratique ce que j’ai appris et que je n’ai jamais vraiment réussi à appliquer c’est-à-dire, vivre. Pas de prise de tête idiotes, non, juste moi et ma confiance en la vie. Ce sera pas évident à appliquer, je le sais ; ça fait longtemps que j’essaye de le faire. J’y arrive pendant un temps… et puis mes mauvaises habitudes reviennent et je me retrouve à faire à nouveau comme tout le monde, à me prendre la tête. Si je vais dans tel endroit, est-ce qu’on ne risque pas de me voler mes affaires ? Et si il m’arrive un truc et que je n’ai pas de portable pour appeler du secours ? Et si mon train a du retard et que du coup, je suis coincée quelque part sans savoir où je vais pouvoir dormir ? Ce genre de question, je finissais toujours par me les poser et ça finissait immanquablement par me paralyser. J’avais peur. Qu’allait-il m’arriver si j’osais… vivre ? On ne devrait jamais laisser la peur devenir paralysante. Et c’est une des leçons de vie que je vais essayer d’appliquer. Tous les jours. Je finirais peut-être par réellement me libérer de toutes ces peurs inutiles. Car en vérité, si un problème survient, la solution est toujours cachée quelque part. Il faut juste parfois plus de temps pour la trouver. Et c’est de ça que nous avons peur ; nous pensons ne pas avoir la force de trouver la solution, nous pensons que le problème est plus fort que nous et qu’il nous est impossible de le vaincre seul. C’est fini, ça, pour moi. Je veux croire en ma force, je veux croire que si des problèmes me tombent dessus, je finirai toujours - tôt ou tard - par trouver la solution. Que la peur ne me paralysera plus et ne m’empêchera plus de faire ce qui me tient à cœur. En fait, c’est encore mieux que ça. J’ai besoin de croire en ma force, ce n’est pas qu’un simple souhait dépendant de ma volonté. Parce que j’ai conscience que si je n’y crois pas, personne n’y croira à ma place. Si je n’y crois pas et que personne n’y croit pour moi, je ne serai plus assez forte et les problèmes auront raison de moi. Je n’abandonnerai pas. J’ai toujours failli abandonner, parfois même j’ai cru avoir totalement abandonner, m’être totalement laisser faire, avoir renoncer à tout. Et pourtant, à chaque fois que je me "réveillais" de ces moments d’abandon, je constatais avec étonnement qu’une part de moi ne s’était pas éteinte. J’ignore laquelle. Mais le fait est qu’elle existe, que je ne suis tout simplement pas quelqu’un qui abandonne. Alors, je vais me lancer, oui. Et qui vivra verra…

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2018-08-09T03:56:14+02:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Un-coup-de-des Un coup de dés Je ne vois pas trop comment le décrire autrement. Un coup de dés. Ce moment où on se dit qu'on va gagner la partie, que le jeu est bientôt terminé, qu'on a su garder la tête froide malgré les embûches semées sur le chemin, et que soudain... on voit les dés être jetés et tout explose. Les certitudes s'envolent immédiatement, on se sent même presque bête d'en avoir eu, on sourit avec ce petit air déçu pour cacher sa panique intérieure. Mince, comment je vais faire, maintenant ? J'avais toutes les cartes en main, il s'est passé quoi ? Mais ça, c'est rien, quand ce n'est que Je ne vois pas trop comment le décrire autrement. Un coup de dés. Ce moment où on se dit qu’on va gagner la partie, que le jeu est bientôt terminé, qu’on a su garder la tête froide malgré les embûches semées sur le chemin, et que soudain… on voit les dés être jetés et tout explose. Les certitudes s’envolent immédiatement, on se sent même presque bête d’en avoir eu, on sourit avec ce petit air déçu pour cacher sa panique intérieure. Mince, comment je vais faire, maintenant ? J’avais toutes les cartes en main, il s’est passé quoi ? Mais ça, c’est rien, quand ce n’est que pour un jeu de cartes ou de dés. La vie, c’est un autre jeu. Quelque chose d’impitoyable et de merveilleux, un jeu vivant et d’une intensité folle. Un jeu dans lequel perdre ses moyens peut être dévastateur. Alors il faut se reprendre, chercher des solutions et survivre.

Des déménagements imprévus, des amis introuvables, la surprise, les effets de la panique… que de changements ! Moi qui, parfois, me dis que ma vie est ennuyeuse et qu’il faudrait y faire quelque chose, me voilà servie ! Pour une fois, ça va déménager ! Oh mon dieu, je viens vraiment de faire une blague aussi stupide sur ma situation ?? ? OK, alors là, c’est sûr, je débloque complet...

On dit qu’il faut savoir prendre les choses avec philosophie, ce qui signifie sourire et positiver, ne pas forcément penser au pire. Sauf que je suis très douée pour ça, penser au pire. Le moment de changer cette façon de penser, non ? D’accord, alors voyons les choses autrement… qu’y a-t-il de bien à ma situation ? Et ben, moi qui ne crois pas toujours au destin, j’ai l’impression que ce fameux destin m’a donné un sérieux coup de pouce. J’hésitais, je doutais, je n’étais pas sûre de moi, je me disais que peut-être je ne trouverais jamais la force de partir, d’avancer… cette fois, je n’ai plus trop le choix, je n’ai plus assez de temps pour douter et faire ma timide. Et malgré ma peur, je me sens pousser des ailes. Ces ailes immenses et suffisamment fortes pour m’emmener partout où je voudrai, partout où je devrai aller afin de vivre réellement. Et ne pas simplement rester là, à attendre après quelque chose dont je ne sais rien. Le destin existe peut-être, mais alors il est comme tout le monde ; il ne peut pas tout faire tout seul. Si je fais le premier pas, l’univers m’aidera à faire le deuxième… et qui sait ? Le chemin aura peut-être milles pas et une belle fin.

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2018-08-08T18:39:03+02:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Un-peu-en-exil Un peu en exil Vague à l'âme, cœur en peine. Des coups de soleil sur tout le haut du corps me rappelant la douce quiétude de ces deux jours plus "calmes". J'aurais bien sûr préféré que ma mère ne vienne pas avec moi mais tant pis, j'ai fait avec ; je n'avais pas vraiment le choix puisque c'est elle qui conduit. Sentiment étrange d'être en décalage renforcé par la présence de quelqu'un à mes côtés, de quelqu'un qui ne peut pas saisir l'ampleur de ce que je ressens lorsque je me plonge dans cette nature extraordinaire. Et maintenant, le retour à la maison. L'impression d'être rester Vague à l’âme, cœur en peine. Des coups de soleil sur tout le haut du corps me rappelant la douce quiétude de ces deux jours plus "calmes". J’aurais bien sûr préféré que ma mère ne vienne pas avec moi mais tant pis, j’ai fait avec ; je n’avais pas vraiment le choix puisque c’est elle qui conduit. Sentiment étrange d’être en décalage renforcé par la présence de quelqu’un à mes côtés, de quelqu’un qui ne peut pas saisir l’ampleur de ce que je ressens lorsque je me plonge dans cette nature extraordinaire.

Et maintenant, le retour à la maison. L’impression d’être rester là-bas, de ne pas être totalement revenue, d’avoir laisser une part de moi dans cet ailleurs tandis que mon corps a docilement repris sa place dans cet appartement vide. Je dois toujours faire ça, après un séjour passé dans la nature. Je dois toujours me reprendre, retrouver les codes de la vie habituelle. Parfois, j’ai un sourire amusé en songeant que c’est comme si je me transformais en ourse et qu’une fois de retour en ville il me fallait ré-apprendre à être humaine. Ces pensées-là, ma mère ne les connait pas. Elle, elle se détend. Moi, je vis comme une seconde naissance à chaque fois. Alors, quand elle m’a dit sur un ton de reproche que je "parle plus que ça, d’habitude...", que pouvais-je bien lui répondre ? Que mon silence ne signifiait pas que je veille l’ignorer et qu’il n’était qu’une manière de lui "dire" ce que je pensais par rapport à ce qu’elle disait, c’est-à-dire, rien ? Ou que ce silence n’était pas totalement volontaire, puisque mon esprit était alors bien loin de ses tracasseries qu’elle ne semblait pas se lasser de me raconter ? J’ai essayé de lui donner quelques phrases vagues en guise de réponse, et elle a dû s’en contenter. Moment agaçant. A quand le prochain ? Bientôt, malheureusement.

Décalage. Même mon sommeil est bizarre ; je dors souvent ma nuit entre 5 heures du matin et 14 heures de l’après-midi, en ce moment. A moitié dans un monde et à moitié dans l’autre. C’est fou le nombre de gens qui sont insomniaques ou qui ont des problèmes de sommeil. Et qui se retrouvent ensemble à papoter en ligne à des heures impossibles. Je suis toujours en décalage. Pas vraiment sûre de ce que j’aime ou de ceux que j’aime. Parfois je comprends les choses avant les autres, parfois après, mais jamais en même temps. Pourtant, je fais partie de ce monde, moi aussi. Alors, que me manque-t-il pour me synchroniser avec ce monde ? Pour ne plus être déchirée de toutes parts ?

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2018-08-07T22:50:00+02:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Pourquoi-maintenant Pourquoi maintenant ? Normalement, l'été, l'ambiance vacances, les concerts de mes amis musiciens, tout cela devrait me mettre de bonne humeur, me sortir de ma routine de travail qui me rend souvent dépressive en hiver. Un contraste, l'été et l'hiver, la joie et la déprime. Me voilà très étonnée de moi-même ; ce qui m'arrive assez souvent ces derniers mois. L'été est là mais la déprime aussi. Je ne comprends pas pourquoi. Pourquoi maintenant, alors que rien n'est sensé me rendre pessimiste ou triste quand je suis en bonne compagnie, en plein été. Je viens de regarder à nouveau le film Normalement, l’été, l’ambiance vacances, les concerts de mes amis musiciens, tout cela devrait me mettre de bonne humeur, me sortir de ma routine de travail qui me rend souvent dépressive en hiver. Un contraste, l’été et l’hiver, la joie et la déprime. Me voilà très étonnée de moi-même ; ce qui m’arrive assez souvent ces derniers mois. L’été est là mais la déprime aussi. Je ne comprends pas pourquoi. Pourquoi maintenant, alors que rien n’est sensé me rendre pessimiste ou triste quand je suis en bonne compagnie, en plein été.

Je viens de regarder à nouveau le film "Camping". C’est drôle, je ris à chaque fois en voyant Michel et ses airs hautains ; il ressemble tant à mon père, à ce que serait mon père s’il avait eu autant de tune. Mon père, c’est ce mec-là, celui qui râle et qui s’imagine qu’il ne sera heureux qu’avec de l’argent plein les poches, et qui, s’il avait cette montagne de fric, ne serait toujours pas plus heureux. Je me demande s’il réalise parfois à côté de quoi il est passé, dans sa quête effrénée d’argent et de gloire. Une quête qu’il n’a d’ailleurs jamais réussi. Je pourrais presque avoir pitié de lui. Est-ce bon signe ? Peut-être. Si j’arrive à ne plus être complètement en colère en pensant à lui, à simplement me dire "dommage", c’est que j’ai changé. Il n’a peut-être plus autant d’emprise sur moi. J’arriverai peut-être à lui pardonner, finalement.

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2018-08-06T03:01:48+02:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Les-mots-des-autres Les mots des autres "Pardonner est redonner la part de l’autre." Cela résonne en moi, me rappelle mon père et ma décision de trouver le moyen - la force qui me manque - de lui pardonner. Merci à toi Wish (un surnom qui me semble approprié), pour ces mots. Je pense que tu fais partie de ces gens qui ont la capacité de trouver les bons mots face à n'importe quelle situation. J'espère qu'un jour, je te rejoindrais et qu'après cette rencontre, tu ne m'oublieras pas. Tu vois, grâce à ça, j'ai réussi à être un peu plus... en paix avec moi-même." Et dire que c'est Mi qui m'a dit ça hier... encore "Pardonner est redonner la part de l’autre."

Cela résonne en moi, me rappelle mon père et ma décision de trouver le moyen - la force qui me manque - de lui pardonner. Merci à toi Wish (un surnom qui me semble approprié), pour ces mots. Je pense que tu fais partie de ces gens qui ont la capacité de trouver les bons mots face à n’importe quelle situation. J’espère qu’un jour, je te rejoindrais et qu’après cette rencontre, tu ne m’oublieras pas.

Tu vois, grâce à ça, j’ai réussi à être un peu plus… en paix avec moi-même."

Et dire que c’est Mi qui m’a dit ça hier… encore l’ironie qui surgit dans ma vie. Alors, malgré tout ce qui lui est arrivé, elle a remonté la pente, ça y est ? Tant mieux pour elle. Mais et moi, c’est quand que je fais pareil ? Que je serais… en paix avec moi-même ?

"No place to come, no place to go."

Ça, c’est moi.

"Demain le noir matin / Je fermerai la porte / Au nez des années mortes ; / J’irai par les chemins. / Je mendierai ma vie / Sur la terre et sur l’onde / Du vieux au nouveau monde..."

Mots volés dans un livre, à la médiathèque. J’ai pris un livre, je n’ai pas regardé le titre, j’ai ouvert à une page quelconque et j’ai lu ça. J’ai pris une photo, rangé le livre. Une fois chez moi, j’ai essayé de trouver sur quel air chanter ces mots. Je n’ai pas encore trouvé.

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2018-08-04T16:22:23+02:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Bizarreries-du-soir Bizarreries du soir Suis-je rassurée de constater qu'il existe pire que moi, en matière de manque de confiance en soi ? Pas vraiment. Rencontrer des gens paranos me fait songer à moi... et si, un jour, je devenais comme eux ? L'angoisse. Je crois que j'ai une minuscule carie sur une dent ; je la vois à peine dans le miroir mais je sais que ce n'est pas mon imagination qui me joue des tours puisque ce petit point noir est là depuis deux jours. Je crois que je commence à psychoter, à imiter W, et à penser au pire à chaque fois qu'il m'arrive quelque chose. Actuellement je pense que ce petit point n'est Suis-je rassurée de constater qu’il existe pire que moi, en matière de manque de confiance en soi ? Pas vraiment. Rencontrer des gens paranos me fait songer à moi… et si, un jour, je devenais comme eux ? L’angoisse.

Je crois que j’ai une minuscule carie sur une dent ; je la vois à peine dans le miroir mais je sais que ce n’est pas mon imagination qui me joue des tours puisque ce petit point noir est là depuis deux jours. Je crois que je commence à psychoter, à imiter W, et à penser au pire à chaque fois qu’il m’arrive quelque chose. Actuellement je pense que ce petit point n’est peut-être que la partie émergée de l’iceberg et qu’en fait la carie en dessous est plus grande, et que si ça se trouve à un moment je vais manger et ma dent va se fendre en deux… Je devrais pas penser comme ça, hein ? On dirait mon grand-père. Enfin, ce qui doit se passer dans la tête de mon grand-père, plutôt. Parce qu’il est bien trop angoissé pour en parler, de tout ce qui lui passe par la tête.

J’ai refais deux choses stupides, tout à l’heure. Deux choses que je pensais avoir examiner d’un bout à l’autre, et donc, je pensais être arrivée à la conclusion que je ne retomberai jamais dans le piège d’y céder. Le mélange entre le romantisme niais qui fait pleurer, et son contraire, les sites de rencontres en ligne où toute idée de romantisme est définitivement morte. Ce mélange chez moi donne ceci : deux bonnes heures de mon temps fichues en l’air à parler avec des inconnus tout en écoutant du Ed Sheeran. Je crois qu’on touche le fond, là. Ah non, pardon, on est carrément passé en-dessous, quelque part vers le noyau terrestre, je dirais.

Envie de pleurer, là, toute seule, toute la nuit. Mais pourquoi en fait ? Voyons, demain je retrouve des gens drôles, pleins de vie, souriant, avec tout un tas de petites anecdotes à raconter, un peu d’alcool et peut-être même des joints… Ouais, c’est mieux de rêver que de pleurer. Je vais faire ça alors. Je vais rêver. Endormie ou éveillée, c’est tout aussi bien.

Je fais et dis n’importe quoi, parfois. Mais ça va, personne ne le remarque. C’est mon don à moi. Passer pour sensée alors que rien, mais absolument rien, n’est sensé chez moi.

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2018-08-04T04:52:00+02:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Le-poids-des-souvenirs Le poids des souvenirs Hier soir, essayant de m'endormir, les yeux rivés au plafond vide et sombre, je me suis surprise à faire exactement ce qu'il ne faut jamais faire quand on veut s'endormir. Réfléchir. Ma mère aime se prendre la tête, et elle le fait dès son réveil chaque matin. Elle dit que comme ça, elle se remet les idées en place pour bien démarrer la journée, elle se remémore ses objectifs, les petites choses plus ou moins inutiles qu'elle a à gérer... elle s'organise. L'organisation ; une qualité - et parfois un défaut affreux, surtout quand on panique - dont j'ai hérité. Je voulais Hier soir, essayant de m’endormir, les yeux rivés au plafond vide et sombre, je me suis surprise à faire exactement ce qu’il ne faut jamais faire quand on veut s’endormir. Réfléchir. Ma mère aime se prendre la tête, et elle le fait dès son réveil chaque matin. Elle dit que comme ça, elle se remet les idées en place pour bien démarrer la journée, elle se remémore ses objectifs, les petites choses plus ou moins inutiles qu’elle a à gérer… elle s’organise. L’organisation ; une qualité - et parfois un défaut affreux, surtout quand on panique - dont j’ai hérité.

Je voulais dormir mais au lieu de cela, je réfléchissais. Un souvenir. Le visage de mon père. Lui et moi dans la chambre que j’avais à l’âge de dix ans. Il sourit. Il n’y a aucune lumière dans la pièce, hormis la lampe de poche qu’il tient dans sa main. De son autre main, il fait des ombres chinoises sur le mur. Je rigole, je souris, je m’émerveille. Je lui demande de m’apprendre, j’essaye d’imiter les mouvements de ses mains avec mes petites mains à moi. Il sourit. Je ne vois pas son visage caché dans l’obscurité, mais je l’entend rire et je sais qu’il sourit autant que moi. Ces images, ces sensations, ces mots, tout cela m’est revenu en tête, soudainement, stoppant net ma réflexion. Un souvenir. Un fichu souvenir. Seulement un putain de souvenir.

Je voudrais les enlever, ces souvenirs. Les effacer, les oublier, trouver le moyen de faire cesser la tristesse et les regrets qui s’y rattachent. Je voudrais ne plus avoir de souvenirs, plus aucun, plus jamais. N’avoir qu’une mémoire utile, uniquement le souvenir des apprentissages. Par exemple, me souvenir qu’avouer ses sentiments à sa meilleure amie est une chose à ne pas faire. Mais ne pas me rappeler à quel point ça m’a fait mal quand d’abord elle s’est mise à rire, et qu’ensuite, elle s’est barrée en courant quand elle a compris que j’étais sérieuse.

Les souvenirs, c’est diaboliquement efficace. Tu ne veux pas éprouver de regrets ? Bam ! Un souvenir apparaît quand tu t’y attends le moins, et c’est grillé, tu regrettes. Tu veux faire comme si tu n’avais jamais connu telle personne ? Et bien non, ton cerveau s’en souvient et te le rappelle au moyen de rêves qui te torturent toutes les nuits.

Je vais partir, l’an prochain. Je ne sais pas encore où, quand exactement, comment, avec qui, pour quoi faire… mais je pars, c’est décidé. Et je n’ose même pas imaginer quels souvenirs viendront me hanter, à ce moment-là.

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2018-08-03T02:48:17+02:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Vous-ne-pourrez-jamais-me-pardonner Vous ne pourrez jamais me pardonner... ... tout simplement parce que vous ne saurez jamais à quel point je regrette. Flo, W, Lu, No, tous mes anciens amis que j'ai laissé et que j'ai mis de côté pour au final ne plus les revoir, tous ceux qui m'ont connue, qui me connaissent, et qui me connaîtront, je ne m'excuserai pas de vous faire souffrir. Je ne peux pas vous le dire. Je ne peux pas, tout simplement. Comme tout ce que je ne peux pas dire, je l'écris là. Grain de poussière égaré, presque impossible à voir tant il paraît petit, et pourtant omniprésent dans mes pensées, dans mon âme et dans mon cœur. Je suis ... tout simplement parce que vous ne saurez jamais à quel point je regrette. Flo, W, Lu, No, tous mes anciens amis que j’ai laissé et que j’ai mis de côté pour au final ne plus les revoir, tous ceux qui m’ont connue, qui me connaissent, et qui me connaîtront, je ne m’excuserai pas de vous faire souffrir. Je ne peux pas vous le dire. Je ne peux pas, tout simplement. Comme tout ce que je ne peux pas dire, je l’écris là. Grain de poussière égaré, presque impossible à voir tant il paraît petit, et pourtant omniprésent dans mes pensées, dans mon âme et dans mon cœur.
Je suis désolée. Je sais que je suis déroutante, que c’est difficile de rester près de moi. On finit par se faire jeter sans raison, ou bien par finir en larmes suite à une tirade cinglante, ou encore par se lasser de devoir essayer de sauver quelqu’un qui ne veut pas être sauvé. Parce que oui, dans ces moments-là, je me moque de ce qui peut m’arriver et la dernière chose que je souhaite, c’est qu’une personne - un ami plein de bonnes et pures intentions - se mêle de ce qui ne le regarde pas, de ce qui n’appartient qu’à moi. Quand je choisis de descendre aux enfers, je ne veux aucun compagnon de voyage.
J’ai jeté Flo, puis je me suis faussement excusée ; je sais pourtant que je le rejetterai à nouveau tôt ou tard. Il finira par s’énerver pour de bon, sa patience attendra ses limites, et il ne voudra plus me parler.

Ce n’est pas moi, la fille qui s’excuse en employant de grands mots et en faisant milles promesses. Moi, je ne m’excuse que dans le silence. Mes regrets, je ne les montre pas ; il faut les chercher ou alors se convaincre qu’ils n’existent pas. Et souvent, les gens choisissent la deuxième option.

Je suis quelque peu perdue, contradictoire, et la plupart du temps, complètement impossible à cerner. Alors il m’arrive de sortir des mots durs et tranchants comme des lames et de m’en servir aussitôt, sans penser à celui ou celle qui se prendra les coups. C’est une part de moi qui aime savoir que je suis capable de faire ça, de blesser les autres. Une part de moi qui a besoin de se rassurer et de savoir que, dans les situations où la meilleure défense, c’est l’attaque, je suis capable de répondre et d’attaquer, moi aussi. Que je ne suis pas simplement un roc qui se prend les coups et qui essaye de tenir bon jusqu’à fissurer, puis se briser. Qu’il y a une porte de sortie, que si le poids qui pèse sur mes épaules devient trop lourd je peux m’en servir et, d’un mouvement puissant, envoyer ce poids, cette masse, contre ceux qui cherchent à me mettre à terre.
Je suis quelque peu perdue, et je le sais. Donc, je ne demande pas à ce qu’on m’aide, parce que personne ne peut visiblement me supporter assez longtemps pour ne serait-ce qu’envisager cette idée. Mais je ne donnerai jamais d’excuses à mon comportement. Je ne donne rien facilement.

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2018-08-01T02:39:26+02:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Mister-Prince-et-sextos Mister Prince et sextos "... when doves cry". Retour de mon cerveau qui chantonne. Et de ma voix rauque du matin. Je me suis réveillée il y a une heure environ ; le sommeil cherche encore à faire la course avec moi, on dirait. Et il gagne bien trop souvent. Je ne suis pas ce qu'on appelle insomniaque. "Maybe I'm juste like my mother..." Je devrais arrêter d'écouter ce CD. Je devrais arrêter de croire aux conseils que me donnent les gens pour essayer de retrouver un sommeil normal. J'ai écrit à Flo. Je me suis excusée. Enfin, j'ai fait comme si je voulais sincèrement m'excuser et il y a cru ; le don "... when doves cry". Retour de mon cerveau qui chantonne. Et de ma voix rauque du matin. Je me suis réveillée il y a une heure environ ; le sommeil cherche encore à faire la course avec moi, on dirait. Et il gagne bien trop souvent. Je ne suis pas ce qu’on appelle insomniaque. "Maybe I’m juste like my mother..." Je devrais arrêter d’écouter ce CD. Je devrais arrêter de croire aux conseils que me donnent les gens pour essayer de retrouver un sommeil normal.

J’ai écrit à Flo. Je me suis excusée. Enfin, j’ai fait comme si je voulais sincèrement m’excuser et il y a cru ; le don d’influence, comme toujours. J’ai écrit à Mev et, chose intéressante, elle me répond. Mieux encore : elle rentre dans mon jeu. Rencontrer quelqu’un, parler et glaner quelques informations sur sa vie, faire le clown - l’humour, une de mes meilleures cartes -, danser, tout cela me plaît et je pense que je ne pourrais pas passer une semaine sans ces moments si excitants. "If I was your girlfriend..." Il choisit bien sa chanson, celui-là. Il n’y a pas une chanson de ce CD que je n’aime pas. Mais là, ça devient légèrement inquiétant ; j’ai l’impression de réfléchir au rythme des chansons et de leurs paroles. Et Mev qui continue de m’écrire…

"Nothing compares to you..." J’ai coupé mon tel, je ferme les yeux, je me laisse bercer par les voix. Cette chanson-là, je la garde pour moi. Je suis égoïste, parfois. Au point d’aller chez Mev - elle ne se souvient probablement pas que je sais où elle habite - et de la taquiner jusqu’à ce qu’elle cède ? Oui.

Je sors. Purple rain dans mon cœur.

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2018-07-30T16:25:00+02:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Etre-honnete-avec-moi-meme Etre honnête avec moi-même Puisque l'autre jour, je parlais d'hypocrisie, je vais continuer de décortiquer le sujet. Si je blâme ma famille de ne pas être sincère et de toujours vouloir cacher le moindre fait susceptible d'être gênant, je n'ai pas le droit de les imiter. Je ne suis pas hypocrite. J'ai seulement un don pour le mensonge qui, assez souvent, me sauve la mise. Et je me mens à moi-même. Quasiment tout le temps. Alors, allons-y pour une petite minute d'honnêteté ! Il n'est pas juste de critiquer les mensonges de ma famille si je ne sais pas assumer les miens. Alors j'arrête de me mentir, Puisque l’autre jour, je parlais d’hypocrisie, je vais continuer de décortiquer le sujet. Si je blâme ma famille de ne pas être sincère et de toujours vouloir cacher le moindre fait susceptible d’être gênant, je n’ai pas le droit de les imiter. Je ne suis pas hypocrite. J’ai seulement un don pour le mensonge qui, assez souvent, me sauve la mise. Et je me mens à moi-même. Quasiment tout le temps.
Alors, allons-y pour une petite minute d’honnêteté ! Il n’est pas juste de critiquer les mensonges de ma famille si je ne sais pas assumer les miens. Alors j’arrête de me mentir, maintenant.

J’arrive à influencer les gens. Et je ne m’en aperçois qu’après coup. Et quand je m’en aperçois, j’ai peur.

Hier soir, je voulais coucher avec Mev. C’est la seule raison pour laquelle je veux la revoir.

Quand je partirai, la seule personne qui me manquera, ce sera mon chat.

Mon père me manque ; nos engueulades me manquent. C’était simple et grisant, de crier sur quelqu’un qui pouvait crier aussi fort que moi.

Je me fiche de Flo, de Tense, de W, de Mi, de No… et au fond d’eux, ils le savent aussi bien que moi.

J’ignore ce qui me retient de tomber dans l’alcoolisme. J’ai juste peur que ce garde-fou s’estompe et disparaisse un jour.

Si Sol me proposait de venir chez lui, je lui dirais oui sans hésiter.

Ce matin, on m’a proposé de la cocaïne. J’ai dit non. Je voulais dire oui.

Je pense très souvent, je pense trop et à propos de trop de choses. Je ne suis pas quelqu’un de très claire.

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2018-07-30T02:01:54+02:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Hypocrisie Hypocrisie Une après-midi sympathique à me balader là où je voulais. Ensuite, une séance ciné en début de soirée. Et retour chez moi... et ben non. Pas de retour chez moi. Pas tout de suite, en tout cas. Parce que d'abord, c'est repas et fin de soirée en famille. Pas toute la famille, heureusement ; ça, je ne fais plus. Je ne supporte plus. Je ne suis pas la seule, dans la famille à détester ces réunions. Mais je suis sans doute la seule à l'admettre et à le dire, et surtout, à faire en sorte de ne plus devoir subir ces moments gênants. Sauf qu'on peut éviter certaines personnes alors Une après-midi sympathique à me balader là où je voulais. Ensuite, une séance ciné en début de soirée. Et retour chez moi… et ben non. Pas de retour chez moi. Pas tout de suite, en tout cas. Parce que d’abord, c’est repas et fin de soirée en famille. Pas toute la famille, heureusement ; ça, je ne fais plus. Je ne supporte plus. Je ne suis pas la seule, dans la famille à détester ces réunions. Mais je suis sans doute la seule à l’admettre et à le dire, et surtout, à faire en sorte de ne plus devoir subir ces moments gênants. Sauf qu’on peut éviter certaines personnes alors qu’il y en a d’autres… c’est compliqué. Parce que c’est la famille proche, les parents, les frères et sœurs ; à croire qu’il existe une sorte de loi sacrée qui stipule qu’on est obligé de rester coincé avec ces gens-là même si on ne parvient à les supporter qu’à grande peine. Mon seul exploit - si on peut l’appeler ainsi - est d’avoir réussi à éloigner mon daron. Et aujourd’hui, je me dis que malgré tout ce qu’il a fait comme coups fourrés, c’était peut-être bien le plus honnête du lot. "Moi je suis quelqu’un de franc, Anna ! Y a rien de plus important que d’être franc dans la vie." Il disait ça souvent. Il me le répétait comme une règle d’or qui régissait l’entièreté de sa vie. Pourquoi m’as-tu menti, Papa ? Et pourquoi toute la famille fait de même ? En fait, quand je dis que mon père est plus honnête que les autres, je veux dire par là qu’on l’a percé à jour. Lui, on sait qu’il ment, qu’il passe son temps à dire ce que les gens veulent entendre et à tromper son monde. Alors que les autres membres de ma famille… déjà, ils ne sont pas nombreux autour de moi, pratiquement tous disséminés au loin vers la Bretagne ou l’Allemagne à cause de multiples disputes. Famille morcelée. Mais bon, qui de nos jours, n’a pas une famille en morceaux ? Parfois, il ne manque qu’une pièce du puzzle. Mais c’est si important, une pièce. Sans cette pièce, le puzzle n’est pas complet, rien n’est terminé.
Le repas a été aussi bizarre que d’habitude. Petit comité. Ma mère, mon frère N. Comme la fois où on avait décidé que fêter Noel juste à trois, c’était trop déprimant et que du coup, on était partit dans une église pour se rassembler avec d’autres personnes, comme pour se réconforter. Un troupeau de moutons. Qui chantent. Voilà à quoi on ressemblait dans mon esprit d’ado de treize ans. Le repas de ce soir s’est fait entre silences bien trop puissants et paroles inutiles. Décidément, que de ressemblances avec ce soir de Noel à l’église du quartier ! Sauf que je n’ai plus treize ans. Que je sors, que je fais ma vie, que je vais au cinéma regarder des films d’horreurs. Et que ma mère et mon frère N me jugent sur tout. Ils m’analysent, ils le font sans même s’en apercevoir parfois. Ils ne peuvent pas s’empêcher de m’analyser et de m’analyser mal. Toujours dans le faux, à côté de la plaque. A part. En dehors de ma vie mais voulant s’y incruster. Sauf qu’ils ne peuvent pas. Ils ne peuvent plus. Et ils le savent. Mais ils ne l’admettrons jamais, ils ne le diront jamais.
J’ai grandi au milieu de l’hypocrisie. Est-ce anormal que j’ai des difficultés à faire confiance à quelqu’un, après ça ? Que quand on me complimente, je pense d’abord que l’on se moque de moi avant de sourire et de remercier la personne interloquée devant ma suspicion ? Et encore, je lâche un "merci" par politesse, pas parce que j’ai l’impression que la personne en question est sincère.

Est-ce qu’un jour, j’aurais confiance en moi ? Est-ce qu’un jour, je serai aussi assurée que ce que je laisse croire ?

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2018-07-28T03:46:00+02:00
http://borldedepenseesentoutgenre.journalintime.com/Dans-la-peau-d-une-invisible Dans la peau d'une invisible Pas juste discrète. Invisible. La personne qu'on ne remarque pas, qu'on ne peut pas remarquer. Un visage anodin de par son expression neutre, un corps en mouvement mais qu'on ne voit pas bouger parce que d'autres mouvements captent l'attention. On ne peut pas remarquer ces personnes sauf si on se focalise sur elles. Si on tente de se concentrer, de les voir, on peut y arriver. Mais ça ne marche pas avec toutes. Certaines personnes ont décidé de disparaître et celles-là, c'est presque comme si elles avaient disparu pour de bon. Jouer à l'invisible, c'est devenu l'un de mes jeux Pas juste discrète. Invisible. La personne qu’on ne remarque pas, qu’on ne peut pas remarquer. Un visage anodin de par son expression neutre, un corps en mouvement mais qu’on ne voit pas bouger parce que d’autres mouvements captent l’attention. On ne peut pas remarquer ces personnes sauf si on se focalise sur elles. Si on tente de se concentrer, de les voir, on peut y arriver. Mais ça ne marche pas avec toutes. Certaines personnes ont décidé de disparaître et celles-là, c’est presque comme si elles avaient disparu pour de bon.
Jouer à l’invisible, c’est devenu l’un de mes jeux préférés. Avant, ce n’était pas un jeu mais mon mode de vie. Cela me permettait de réfléchir en paix, de n’être jamais dérangée par quelqu’un. Maintenant, j’en joue. Comme de toutes mes souffrances.
C’est facile, de jouer à l’invisible. Il suffit de penser comme un caméléon. Imiter les autres. Ne rien faire qui puisse permettre à quelqu’un de nous distinguer du reste du monde. Il suffit de jouer à la fille normale. Cela veut-il dire que la plupart du temps, je ne suis pas normale ? Oui. Je ne veux pas l’être ; y jouer c’est drôle, mais juste pendant quelques heures, sinon c’est l’enfer de l’ennui qui revient à grands renforts d’habitudes encore plus soporifiques que le dernier cachet que j’ai essayé de me prendre pour dormir le mois dernier quand toute idée de sommeil avait déserté mon esprit (d’ailleurs, j’en profite pour noter : cachets pour dormir et vitamine C = nocifs sur ma personne).
Plusieurs fois, et de la bouche de plusieurs personnes, j’ai entendu ce fameux conseil : "Tu devrais faire du théâtre". Je n’en ai jamais fait. Pas besoin. La vie est une pièce de théâtre à elle toute seule. Ma daronne est une sorte de Aristote réincarné. Mon petit frère N ce serait plutôt un Hercule du cerveau. Je verrai bien Lu comme un double de Phèdre. C’est n’importe quoi, hein ? Je ris devant mon ordinateur en imaginant une pièce de théâtre avec comme personnages Hercule, Aristote et Phèdre. C’est drôle, l’anormalité.

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2018-07-27T16:49:00+02:00