Portes ouvertes et portes fermées

Idées noires

"Couloir, une porte, un lit, c’est la nuit..." Un vrai zombie. C’est ce à quoi je dois ressembler, ce soir. Mes yeux fixent tout mais ne voient rien. Je n’ai même pas un reste de rhum à picoler, histoire de me sentir plus légère. J’ai rien. Que moi. Et c’est si peu...
Mi va sombrer et je ne pourrais pas l’en empêcher. Je n’en suis pas capable. Peut-être que A, lui, pourra l’aider.
Mon père est un salaud mais parfois je m’imagine le revoir. Voir sa tête devant ce que je suis devenue. Et rire en voyant combien il serait stupéfait, énervé, dégoûté aussi, sûrement même. Je viendrais juste chez lui, comme ça, le faire chier avec ma présence juste quelques instants.
Comment ça se fait que j’ai encore des amis, au fait ? Je dirais que la majorité sont heureux de me voir galérer et de se dire que eux ne vivent pas ça. Rassurés de voir qu’il y a pire qu’eux. C’est quelque chose que j’ai jamais réussi à comprendre ; personnellement, j’ai jamais trouvé ça rassurant de savoir qu’il existe des gens qui souffrent plus que moi. Au contraire, je me sens encore plus mal. Comme si j’avais pas le droit de pleurer sur mon sort. C’est peut-être vrai, d’ailleurs.
J’écris beaucoup, aujourd’hui, dis donc. Besoin d’extériorisé sans doute. Bon, allez, je retourne me perdre dans mes chansons… et avec un peu de chance, ça me fera dormir.